• Jaouad Madkour
  • Accueil
  • Licence
  • Master
  • Doctorat
  • Informatique
  • Publications
  • À propos

Modélisation GARCH de la volatilité

La validation d’un modèle de volatilité

Modélisation GARCH de la volatilité
  • Présentation du cours
  • Mandelbrot et les faits stylisés des rentabilités
  • Regroupement de la volatilité et effet de levier
  • Le cadre de la variance conditionnelle
  • Le modèle ARCH(q) d'Engle
  • Propriétés statistiques de l'ARCH
  • Détecter et identifier un effet ARCH
  • Le modèle GARCH(p,q) de Bollerslev
  • Stationnarité, persistance et variance de long terme
  • La dualité GARCH et ARMA sur les carrés
  • La loi des innovations
  • L'effet de levier et l'EGARCH de Nelson
  • GJR-GARCH, TGARCH et la courbe d'impact
  • IGARCH, GARCH-M et la mémoire longue
  • L'estimation par quasi-maximum de vraisemblance
  • La validation d'un modèle de volatilité
  • La prévision de volatilité
  • De la volatilité à la Value at Risk
  • Mise en œuvre sur R
  • Mise en œuvre sur Python
  • Étude de cas sur données réelles — R
  • Étude de cas sur données réelles — Python

Modélisation GARCH de la volatilité

Chapitre 14 : La validation d’un modèle de volatilité

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

25 septembre 2026

Avant de commencer

Le critère

La question de la validation

Un modèle GARCH est validé si les résidus standardisés \hat z_t = \frac{\hat\varepsilon_t}{\sqrt{\hat h_t}} se comportent comme une suite i.i.d. de loi conforme à celle qu’on a supposée.

Le parallèle avec le cours ARMA

Là, on vérifiait que les résidus étaient un bruit blanc. Ici, on vérifie deux choses : que \hat z_t est non corrélé — l’équation de moyenne tient — et que \hat z_t^2 l’est aussi — l’équation de variance tient.

C’est le second test qui est nouveau, et c’est le plus important.

Tester les résidus

Sur les niveaux

Ljung-Box sur \hat z_t

H_0 : les résidus standardisés ne sont pas autocorrélés. On souhaite ne pas rejeter.

Sur les données du cours

Q_{\mathrm{LB}}(20) = 9{,}7 \qquad \text{contre une valeur critique de } 31{,}4 . Non rejeté : l’équation de moyenne — ici une simple constante — suffit.

Sur les carrés : le test décisif

Ljung-Box sur \hat z_t^2

H_0 : les carrés des résidus standardisés ne sont pas autocorrélés. C’est le test de la spécification de h_t.

Sur les carrés : le test décisif (suite)

Sur les carrés : le test décisif (suite 2)

Avant et après, en deux nombres
Série Q_{\mathrm{LB}}(20) Conclusion
r_t^2 (avant modélisation) 968{,}1 structure massive
\hat z_t^2 (après GARCH) 27{,}1 non rejeté
C’est le résultat central du cours

Le GARCH a absorbé la totalité de la dépendance des carrés. Ce qui reste est du bruit.

Le fait stylisé 4, qui résistait à l’ARMA, est entièrement expliqué par une équation à trois paramètres.

Le test ARCH sur les résidus standardisés

Un contrôle complémentaire

Réappliquer le test LM du chapitre 5 aux \hat z_t. S’il rejette encore, il reste de l’hétéroscédasticité conditionnelle : le modèle est sous-spécifié, il faut augmenter q ou passer à une forme asymétrique.

Les tests sur la loi

La normalité, ou son absence

Jarque-Bera sur \hat z_t

Rejeté presque systématiquement, même après un bon GARCH.

Sur les données du cours

Kurtosis de \hat z_t : 4{,}66. Jarque-Bera : rejeté.

Comment lire ce rejet

Ce n’est pas un échec du modèle de variance. C’est le signe qu’il faut une loi à queues épaisses pour z_t — ce que le chapitre 9 a prescrit.

Après passage à la loi de Student, ce n’est plus la normalité qu’il faut tester, mais l’adéquation à la Student choisie.

Le diagramme quantile-quantile

Le diagramme quantile-quantile (suite)

Lecture

On porte les quantiles empiriques de \hat z_t contre les quantiles théoriques de la loi supposée. Si le modèle est correct, les points s’alignent sur la première bissectrice.

L’outil le plus utile de tout le chapitre

Un test rend un verdict binaire ; le diagramme montre où ça cloche. Un décrochage dans la queue gauche seulement signale une asymétrie de la loi — et appelle une Student asymétrique, non un changement de l’équation de variance.

Le test d’Engle et Ng

Le principe

Sign bias test (1993)

Régresser \hat z_t^2 sur des indicatrices du signe et de l’ampleur du choc précédent : \hat z_t^2 = a_0 + a_1 S^{-}_{t-1} + a_2 S^{-}_{t-1}\hat\varepsilon_{t-1} + a_3 S^{+}_{t-1}\hat\varepsilon_{t-1} + u_t , avec S^{-}_{t-1} = \mathbf{1}\{\hat\varepsilon_{t-1}<0\} et S^{+} = 1-S^{-}.

Trois tests en un
Coefficient Ce qu’il teste
a_1 sign bias : le signe du choc compte-t-il ?
a_2 negative size bias : l’ampleur des baisses est-elle mal traitée ?
a_3 positive size bias : celle des hausses ?

Le principe (suite)

À quoi cela sert

Après un GARCH symétrique, ce test détecte l’effet de levier résiduel. S’il rejette, il faut passer au GJR ou à l’EGARCH — et le test dit lequel des trois aspects pose problème.

Comparer des modèles

Les critères d’information

Les mêmes qu’au cours ARMA

\mathrm{AIC} = -2\ln\hat L + 2k, \qquad \mathrm{BIC} = -2\ln\hat L + k\ln T .

Le classement sur les données du cours
Modèle k \ln\hat L BIC
GARCH normal 4 -3\,543{,}2 7\,117{,}8
GARCH Student 5 -3\,491{,}0 7\,021{,}1
GJR Student 6 -3\,476{,}8 \mathbf{7\,000{,}5}
Une précaution de comparaison

Les modèles doivent être estimés sur exactement le même échantillon et avec la même initialisation. Un GARCH(1,1) et un GARCH(2,2) qui ne démarrent pas à la même date ne sont pas comparables.

Ce que les critères ne disent pas

Le classement dans l’échantillon n’est pas le classement en prévision

Un modèle peut gagner sur le BIC et prévoir moins bien hors échantillon. La comparaison définitive se fait sur une période réservée, et c’est l’objet du chapitre suivant.

Sur des données réelles, on garde en général les 20 % de fin d’échantillon pour cette évaluation, sans jamais les utiliser à l’estimation.

La procédure complète

En sept étapes

Le protocole de validation
  1. Estimer et valider l’équation de moyenne.
  2. Tester l’effet ARCH sur ses résidus.
  3. Estimer un GARCH(1,1) gaussien, examiner le kurtosis de \hat z_t.
  4. Passer à la loi de Student, lire \hat\nu.
  5. Tester l’asymétrie (Engle-Ng) ; si rejet, passer au GJR.
  6. Vérifier Ljung-Box sur \hat z_t et sur \hat z_t^2.
  7. Comparer les candidats par le BIC, puis hors échantillon.
Le critère d’arrêt

Des résidus standardisés dont ni les niveaux ni les carrés ne présentent de structure, et dont la loi est conforme au diagramme quantile-quantile. Rien de plus n’est exigible.

Synthèse

Ce qu’il faut retenir

L’essentiel du chapitre 14
  • Le critère est double : \hat z_t et \hat z_t^2 doivent être sans structure.
  • Sur les données du cours : Q_{\mathrm{LB}}(20) passe de 968 sur r_t^2 à 27 sur \hat z_t^2.
  • Jarque-Bera reste rejeté : c’est normal, et cela appelle une loi de Student, non un autre h_t.
  • Le diagramme quantile-quantile montre où la loi est mal choisie, là où un test se contente de rejeter.
  • Le test d’Engle et Ng détecte l’asymétrie résiduelle et oriente vers le GJR ou l’EGARCH.
  • Le BIC classe dans l’échantillon ; seule une période réservée classe en prévision.
Vers le chapitre 15

Le modèle est validé. Il peut enfin servir à ce pour quoi il a été construit : prévoir la volatilité de demain, et de la semaine prochaine.

← Chapitre précédentL'estimation par quasi-maximum de vraisemblance Chapitre suivant →La prévision de volatilité

Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

© 2026 Jaouad Madkour · jmadkour.org

jmadkour@uae.ac.ma

construit avec Quarto