• Jaouad Madkour
  • Accueil
  • Licence
  • Master
  • Doctorat
  • Informatique
  • Publications
  • À propos

Modélisation GARCH de la volatilité

La prévision de volatilité

Modélisation GARCH de la volatilité
  • Présentation du cours
  • Mandelbrot et les faits stylisés des rentabilités
  • Regroupement de la volatilité et effet de levier
  • Le cadre de la variance conditionnelle
  • Le modèle ARCH(q) d'Engle
  • Propriétés statistiques de l'ARCH
  • Détecter et identifier un effet ARCH
  • Le modèle GARCH(p,q) de Bollerslev
  • Stationnarité, persistance et variance de long terme
  • La dualité GARCH et ARMA sur les carrés
  • La loi des innovations
  • L'effet de levier et l'EGARCH de Nelson
  • GJR-GARCH, TGARCH et la courbe d'impact
  • IGARCH, GARCH-M et la mémoire longue
  • L'estimation par quasi-maximum de vraisemblance
  • La validation d'un modèle de volatilité
  • La prévision de volatilité
  • De la volatilité à la Value at Risk
  • Mise en œuvre sur R
  • Mise en œuvre sur Python
  • Étude de cas sur données réelles — R
  • Étude de cas sur données réelles — Python

Modélisation GARCH de la volatilité

Chapitre 15 : La prévision de volatilité

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

25 septembre 2026

Avant de commencer

Ce qui change par rapport au cours ARMA

Deux prévisions, deux destins

Le cours ARMA prévoyait la moyenne : la prévision devenait plate en deux ou trois pas, et l’exercice avait peu d’intérêt sur données financières.

Ici on prévoit la variance. Elle est fortement persistante, donc réellement prévisible sur plusieurs semaines. C’est la partie utile de la prévision financière.

La prévision à un pas

Le cas immédiat

Un pas en avant

\hat h_{T+1|T} = \omega + \alpha_1\varepsilon_T^2 + \beta_1 h_T .

Aucune incertitude sur cette valeur

\varepsilon_T et h_T sont connus à la date T. La prévision à un pas de la variance conditionnelle est donc exacte — ce n’est pas une estimation, c’est un calcul.

C’est une différence remarquable avec la prévision de la moyenne, où l’on ignore tout du choc à venir.

La prévision à plusieurs pas

La récursion

Pour h \ge 2, on remplace \varepsilon_{T+h-1}^2 par son espérance conditionnelle, qui vaut \hat h_{T+h-1|T} :

\hat h_{T+h|T} = \omega + (\alpha_1+\beta_1)\,\hat h_{T+h-1|T} .

La formule fermée

\boxed{\ \hat h_{T+h|T} = \sigma^2 + \pi^{\,h-1}\big(\hat h_{T+1|T} - \sigma^2\big)\ }, \qquad \pi = \alpha_1+\beta_1 .

Lire cette formule

Trois enseignements

Trois enseignements

La prévision converge vers la variance de long terme \sigma^2, à la vitesse \pi.

Elle converge par le haut si l’on part d’une période agitée, par le bas si l’on part d’une période calme.

Et la convergence est lente : avec \pi = 0{,}99, il faut plus de deux mois pour combler la moitié de l’écart.

Ce que cela vaut en gestion

C’est là toute l’utilité opérationnelle du modèle. Un gérant qui sait que la volatilité restera élevée trois mois ajuste ses positions autrement que s’il la croyait revenue à la normale dès demain.

Le cas asymétrique

Prévision d’un GJR

Si z_t est de loi symétrique, \mathrm{P}(\varepsilon_{T+k}<0) = 1/2, donc \hat h_{T+h|T} = \omega + \Big(\alpha_1 + \frac{\gamma}{2} + \beta_1\Big)\hat h_{T+h-1|T} .

L’asymétrie s’efface à l’horizon

Au premier pas, le signe du dernier choc est connu et compte pleinement. Au-delà, on ignore le signe des chocs futurs : seule sa probabilité intervient, et elle vaut un demi.

L’effet de levier améliore donc surtout la prévision à court terme.

La volatilité multi-jours

L’agrégation

Variance d’une rentabilité cumulée

Comme les \varepsilon_t sont non corrélés, la variance de la somme est la somme des variances : \mathrm{V}\Big(\sum_{k=1}^{H}\varepsilon_{T+k}\ \Big|\ \Omega_T\Big) = \sum_{k=1}^{H}\hat h_{T+k|T} .

Pourquoi c’est la formule qui compte pour la réglementation

Bâle exige une VaR à dix jours. C’est exactement cette somme qu’il faut calculer, et non la variance à un jour multipliée par 10.

La règle de la racine carrée du temps

Ce que la pratique fait souvent

\sigma_{H\ \text{jours}} \ \approx\ \sqrt{H}\ \times\ \sigma_{1\ \text{jour}} .

Elle n’est exacte que si la volatilité est constante

Sous GARCH, la somme \sum_k \hat h_{T+k|T} n’est pas égale à H\,\hat h_{T+1|T}, sauf si \hat h_{T+1|T} = \sigma^2.

L’erreur, chiffrée

En période agitée (\hat h_{T+1} > \sigma^2), la règle surestime le risque à dix jours : elle propage la volatilité élevée sans tenir compte du retour à la moyenne.

En période calme, elle le sous-estime — et c’est le cas dangereux, celui qui précède les crises.

Évaluer une prévision

La difficulté propre à cet exercice

La cible est inobservable

On prévoit h_{T+1}, mais h_{T+1} ne s’observe jamais. On ne dispose que de \varepsilon_{T+1}^2, qui en est un estimateur sans biais mais extrêmement bruité.

À quel point bruité

Sous normalité, \mathrm{V}(\varepsilon_t^2\mid\Omega_{t-1}) = 2h_t^2. L’écart-type du « signal » vaut donc \sqrt{2} fois le signal lui-même.

La conséquence, longtemps mal comprise

Les premières évaluations trouvaient un R^2 de 5 à 10 % pour la régression de \varepsilon_{t+1}^2 sur \hat h_{t+1}, et concluaient à l’inutilité des GARCH.

Andersen et Bollerslev (1998) ont montré que ce plafond est mécanique : même avec le vrai modèle, le R^2 ne peut pas dépasser environ 1/\kappa_z. Le GARCH prévoit bien ; c’est la mesure qui était mauvaise.

Les mesures employées

Trois façons de faire mieux

Volatilité réalisée : \mathrm{RV}_t = \sum_i r_{t,i}^2 sur les rendements intrajournaliers. Beaucoup moins bruitée — mais exige des données haute fréquence.

Fonctions de perte robustes : QLIKE, \ln \hat h + \varepsilon^2/\hat h, moins sensible aux valeurs extrêmes que l’erreur quadratique.

Évaluation indirecte : juger le modèle sur la qualité de la VaR qu’il produit — c’est l’objet du chapitre suivant, et c’est la voie la plus pertinente en gestion des risques.

La prévision de densité

Assembler les deux moitiés

La densité prédictive complète

r_{T+1} \mid \Omega_T \ \sim\ \mu + \sqrt{\hat h_{T+1|T}}\ \times\ \mathcal{L}_z , où \mathcal{L}_z est la loi choisie au chapitre 9.

Le cours entier tient dans cette ligne

\hat h_{T+1|T} vient de l’équation de variance : elle donne l’échelle.

\mathcal{L}_z vient de la loi des innovations : elle donne la forme.

Le produit des deux est la loi complète de la rentabilité de demain. Tout ce qui suit — quantiles, VaR, prix d’options — s’en déduit.

Le quantile conditionnel

La formule qui ouvre le chapitre suivant

q_{\alpha,\,T+1} = \mu + \sqrt{\hat h_{T+1|T}}\ \times\ z_{\alpha} , où z_\alpha est le quantile d’ordre \alpha de la loi de z.

Ce que chaque facteur apporte

\sqrt{\hat h_{T+1|T}} bouge tous les jours : c’est ce qui rend la mesure de risque conditionnelle.

z_\alpha est constant : c’est ce qui décide de la sévérité du seuil. Le chapitre 9 a montré qu’il passe de -2{,}33 à -3{,}09 selon la loi retenue.

Synthèse

Ce qu’il faut retenir

L’essentiel du chapitre 15
  • À un pas, \hat h_{T+1|T} se calcule exactement : tous ses arguments sont connus.
  • À h pas : \hat h_{T+h|T} = \sigma^2 + \pi^{h-1}(\hat h_{T+1|T}-\sigma^2) — convergence vers \sigma^2 à la vitesse \pi.
  • Sur H jours, la variance est la somme des variances prévues, non H fois celle du premier jour.
  • La règle de la racine carrée du temps surestime en période agitée et sous-estime en période calme.
  • La cible h_{t+1} est inobservable ; \varepsilon_{t+1}^2 en est un estimateur très bruité, d’où un R^2 mécaniquement faible.
  • Densité prédictive : \hat h donne l’échelle, la loi de z donne la forme.
Vers le chapitre 16

Il reste à transformer cette prévision en un nombre exploitable — celui que la réglementation exige, et sur lequel se calcule le capital d’une banque.

← Chapitre précédentLa validation d'un modèle de volatilité Chapitre suivant →De la volatilité à la Value at Risk

Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

© 2026 Jaouad Madkour · jmadkour.org

jmadkour@uae.ac.ma

construit avec Quarto