• Jaouad Madkour
  • Accueil
  • Licence
  • Master
  • Doctorat
  • Informatique
  • Publications
  • À propos

Modélisation GARCH de la volatilité

GJR-GARCH, TGARCH et la courbe d’impact

Modélisation GARCH de la volatilité
  • Présentation du cours
  • Mandelbrot et les faits stylisés des rentabilités
  • Regroupement de la volatilité et effet de levier
  • Le cadre de la variance conditionnelle
  • Le modèle ARCH(q) d'Engle
  • Propriétés statistiques de l'ARCH
  • Détecter et identifier un effet ARCH
  • Le modèle GARCH(p,q) de Bollerslev
  • Stationnarité, persistance et variance de long terme
  • La dualité GARCH et ARMA sur les carrés
  • La loi des innovations
  • L'effet de levier et l'EGARCH de Nelson
  • GJR-GARCH, TGARCH et la courbe d'impact
  • IGARCH, GARCH-M et la mémoire longue
  • L'estimation par quasi-maximum de vraisemblance
  • La validation d'un modèle de volatilité
  • La prévision de volatilité
  • De la volatilité à la Value at Risk
  • Mise en œuvre sur R
  • Mise en œuvre sur Python
  • Étude de cas sur données réelles — R
  • Étude de cas sur données réelles — Python

Modélisation GARCH de la volatilité

Chapitre 11 : GJR-GARCH, TGARCH et la courbe d’impact

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

25 septembre 2026

Avant de commencer

Une autre façon de rompre la symétrie

L’idée, plus simple que celle de Nelson

Garder l’équation du GARCH telle quelle, et ajouter un terme qui ne s’active que pour les chocs négatifs.

Pas de logarithme, pas de changement d’échelle : un seul paramètre de plus.

Le modèle GJR-GARCH

L’équation

Glosten, Jagannathan et Runkle (1993)

\boxed{\ h_t = \omega + \big(\alpha_1 + \gamma\,I_{t-1}\big)\,\varepsilon_{t-1}^2 + \beta_1 h_{t-1}\ } I_{t-1} = \begin{cases} 1 & \text{si } \varepsilon_{t-1} < 0 \\ 0 & \text{sinon.} \end{cases}

Une variable indicatrice, rien de plus

C’est le procédé des variables qualitatives du cours d’économétrie : une indicatrice qui change la pente selon le régime.

Un choc positif pèse \alpha_1 ; un choc négatif pèse \alpha_1+\gamma.

Lire les paramètres

Trois cas
Valeur de \gamma Interprétation
\gamma = 0 GARCH ordinaire, symétrique
\gamma > 0 effet de levier : les baisses pèsent davantage
\gamma < 0 asymétrie inverse, observée sur certaines matières premières
Le test se lit directement dans la sortie du logiciel

H_0 : \gamma = 0 par un test de Student. C’est le test d’effet de levier le plus employé, parce qu’il ne demande aucun modèle supplémentaire et que le coefficient s’interprète en clair.

Les contraintes

Positivité et stationnarité

\omega>0, \quad \alpha_1 \ge 0, \quad \alpha_1+\gamma \ge 0, \quad \beta_1 \ge 0 \text{stationnarité} : \quad \alpha_1 + \frac{\gamma}{2} + \beta_1 < 1 .

D’où vient le \gamma/2

Si z_t est de loi symétrique, l’indicatrice vaut 1 une fois sur deux. En moyenne, le coefficient effectif du choc est donc \alpha_1 + \gamma/2.

La persistance d’un GJR est \pi = \alpha_1 + \gamma/2 + \beta_1, et la variance de long terme \sigma^2 = \omega/(1-\pi).

Sur les données du cours

Estimation, innovations de Student

h_t = 0{,}0232 + \big(0{,}0434 + 0{,}1157\,I_{t-1}\big)\varepsilon_{t-1}^2 + 0{,}8862\,h_{t-1}, \qquad \hat\nu = 6{,}62 .

Ce que ces chiffres disent

Un choc positif pèse 0{,}043 ; un choc négatif pèse 0{,}043+0{,}116 = 0{,}159.

À ampleur égale, une baisse a près de quatre fois l’impact d’une hausse. C’est l’effet de levier, mesuré.

Persistance : 0{,}043 + 0{,}058 + 0{,}886 = 0{,}987.

Le gain, chiffré

Comparaison des trois modèles
Modèle log-vraisemblance AIC BIC
GARCH(1,1) normal -3\,543{,}2 7\,094{,}5 7\,117{,}8
GARCH(1,1) Student -3\,491{,}0 6\,992{,}0 7\,021{,}1
GJR-GARCH Student -3\,476{,}8 \mathbf{6\,965{,}5} \mathbf{7\,000{,}5}
La leçon du tableau

Deux améliorations successives, toutes deux nettes : la loi de Student gagne 97 points de BIC, l’asymétrie en gagne 21 de plus.

Et l’ordre compte : on traite d’abord la loi, puis l’asymétrie. Une asymétrie estimée sous hypothèse gaussienne serait contaminée par les queues épaisses non modélisées.

Le modèle TGARCH

Une variante sur l’écart-type

Zakoïan (1994)

\sqrt{h_t} = \omega + \alpha_1^{+}\,\varepsilon_{t-1}^{+} - \alpha_1^{-}\,\varepsilon_{t-1}^{-} + \beta_1\sqrt{h_{t-1}} , avec \varepsilon^{+} = \max(\varepsilon,0) et \varepsilon^{-} = \min(\varepsilon,0).

Ce qui change

L’équation porte sur l’écart-type et sur le choc en valeur absolue, non sur leurs carrés.

Conséquence : le modèle est moins sensible aux valeurs extrêmes. Un choc de 5 écarts-types pèse 5 fois plus qu’un choc unitaire, non 25 fois. C’est un avantage réel sur données très agitées.

Attention au vocabulaire

Le nom TGARCH — threshold — désigne selon les auteurs et les logiciels tantôt le modèle de Zakoïan, tantôt le GJR. EViews appelle « TARCH » ce que R appelle « GJR ». Toujours vérifier l’équation affichée, jamais se fier au nom.

Comparer les trois asymétries

Les courbes d’impact

Trois formes, trois mécanismes
Modèle Forme de la courbe
GARCH parabole symétrique
GJR deux demi-paraboles, rupture de pente en zéro
EGARCH courbe lisse, asymétrique, en exponentielle
La différence, en un mot

Le GJR fait basculer le régime brutalement au passage de zéro : un choc de -0{,}01 est traité tout autrement qu’un choc de +0{,}01, ce qui est discutable.

L’EGARCH assure une transition continue, plus plausible économiquement, mais moins lisible.

Le tableau de choix

Quel modèle pour quel usage
Critère GARCH GJR EGARCH
Paramètres 3 4 4
Contraintes de positivité oui oui aucune
Effet de levier non oui oui
Interprétation directe ++ ++ +
Prévision à plusieurs pas simple simple délicate
Robustesse aux extrêmes + + −
La recommandation

Commencer par un GJR-GARCH(1,1) à innovations de Student. C’est le meilleur compromis : une asymétrie testable en un coefficient, des prévisions simples, et une interprétation immédiate.

Passer à l’EGARCH si les contraintes de positivité posent problème à l’estimation, ou si la rupture de pente en zéro paraît difficile à défendre.

Le bilan face aux faits

Ce que chaque modèle sait faire

Le tableau récapitulatif de la partie IV
Fait ARCH GARCH GARCH-t GJR-t
1. Non-corrélation oui oui oui oui
2. Queues épaisses partiel partiel oui oui
3. Regroupement oui oui oui oui
4. ACF lente des carrés non oui oui oui
5. Effet de levier non non non oui
6. Gaussianité par agrégation oui oui oui oui
Lire ce tableau de gauche à droite

Chaque colonne corrige exactement une insuffisance de la précédente. C’est l’histoire de la discipline en quatre étapes — et l’ordre dans lequel il faut construire un modèle sur données réelles.

Synthèse

Ce qu’il faut retenir

L’essentiel du chapitre 11
  • GJR-GARCH : h_t = \omega + (\alpha_1+\gamma I_{t-1})\varepsilon_{t-1}^2 + \beta_1 h_{t-1}, avec I_{t-1}=\mathbf{1}\{\varepsilon_{t-1}<0\}.
  • \gamma>0 : effet de levier ; le test est un simple test de Student sur \gamma.
  • Persistance : \pi = \alpha_1 + \gamma/2 + \beta_1 ; variance de long terme \omega/(1-\pi).
  • Sur les données du cours : un choc négatif pèse quatre fois un choc positif.
  • TGARCH : même idée sur l’écart-type et la valeur absolue, plus robuste aux extrêmes.
  • Ordre de travail : d’abord la loi des innovations, ensuite l’asymétrie.
Vers le chapitre 12

Reste une question que toutes les estimations posent sans la résoudre : que faire quand la persistance estimée est si proche de 1 qu’on ne peut plus la distinguer de 1 ?

← Chapitre précédentL'effet de levier et l'EGARCH de Nelson Chapitre suivant →IGARCH, GARCH-M et la mémoire longue

Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

© 2026 Jaouad Madkour · jmadkour.org

jmadkour@uae.ac.ma

construit avec Quarto