• Jaouad Madkour
  • Accueil
  • Licence
  • Master
  • Doctorat
  • Informatique
  • Publications
  • À propos

Introduction à l’économétrie

La carte des violations

Introduction à l'économétrie
  • Présentation du cours
  • Qu'est-ce que l'économétrie
  • De la théorie au modèle
  • Le modèle économétrique
  • Les moindres carrés ordinaires
  • La qualité de l'ajustement
  • L'inférence sur les coefficients
  • La prévision
  • Le modèle multiple et le ceteris paribus
  • Estimation et R carré ajusté
  • Les trois niveaux de test
  • Les variables qualitatives
  • Les hypothèses de Gauss-Markov
  • La carte des violations
  • La multicolinéarité
  • L'hétéroscédasticité
  • Les erreurs groupées
  • La variable omise
  • Normalité et points influents
  • Les formes fonctionnelles
  • Choisir un modèle, et le seuil de la causalité
  • Étude de cas
  • Mise en œuvre sur R et Python

Introduction à l’économétrie

Chapitre 12 : La carte des violations

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

24 septembre 2026

Une seule ligne compte

La carte

La ligne de partage

Deux familles de problèmes

Ceux qui faussent les écarts-types : hétéroscédasticité, erreurs groupées, multicolinéarité. Les coefficients restent justes.

Celui qui fausse les coefficients : la variable omise. Rien d’autre ne compte autant.

La conséquence sur la façon de travailler

Les premiers se détectent par un test et se réparent par une formule. Ce sont des problèmes techniques, et ils ont des solutions techniques.

Le second se détecte par le raisonnement économique — car la variable manquante n’est pas dans les données — et se répare en changeant de modèle. C’est un problème de spécification, et aucun logiciel ne le résoudra.

Le rôle des résidus

Le seul matériau du diagnostic

Ce qu’on regarde

Les erreurs \varepsilon_i sont inconnues. Les résidus e_i sont calculés.

Tout diagnostic passe par les résidus : ils sont la seule trace observable de ce que le modèle n’explique pas.

Un principe qui ne varie pas

Sous les hypothèses, les résidus doivent ressembler à du bruit pur : aucune structure, aucune tendance, aucune relation avec quoi que ce soit.

Toute régularité visible dans les résidus est une information que le modèle a laissée échapper. C’est le fil conducteur des cinq chapitres qui suivent.

Les quatre graphiques à faire systématiquement

Avant tout commentaire des coefficients
Graphique Ce qu’il révèle
Résidus contre valeurs ajustées hétéroscédasticité, non-linéarité
Résidus moyens par groupe erreurs groupées
Histogramme des résidus non-normalité, valeurs extrêmes
Résidus contre chaque variable forme fonctionnelle mal choisie
Ils coûtent quatre lignes de code

Aucun de ces quatre graphiques ne prend plus de dix secondes à produire, et l’un d’eux vaut souvent mieux qu’une batterie de tests.

Un test dit si un problème existe ; un graphique dit à quoi il ressemble. Les deux sont nécessaires, et le graphique vient d’abord.

Comment les tests fonctionnent

Un principe commun

La régression auxiliaire

La plupart des tests de diagnostic suivent le même schéma :

  1. estimer le modèle et récupérer les résidus ;
  2. régresser une fonction des résidus sur quelque chose ;
  3. si cette seconde régression explique quelque chose, l’hypothèse est violée.
Trois tests, un seul principe
Test On régresse Sur
Breusch-Pagan e_i^2 les variables explicatives
White e_i^2 variables, carrés, produits
RESET y_i variables et puissances de \widehat{y}_i

La statistique et sa loi

Toujours la même

n R^2_{\text{auxiliaire}} \;\sim\; \chi^2_{q}

où q est le nombre de variables ajoutées dans la régression auxiliaire.

Pourquoi un khi-deux

Parce qu’on additionne des écarts au carré — c’est le signe reconnu au chapitre 18 de l’inférence.

Et le test est unilatéral à droite : seule une valeur élevée contredit l’hypothèse d’absence de problème. Là encore, rien de nouveau : on applique un test appris ailleurs.

Une mise en garde sur les tests de diagnostic

Ils sont sensibles à la taille de l’échantillon

Sur cinq cents observations, la moindre hétéroscédasticité devient significative. Sur trente, une hétéroscédasticité massive peut passer inaperçue.

Un test qui rejette ne dit pas que le problème est grave. Il dit qu’il existe. Le graphique dit s’il compte.

La bonne pratique

Sur données individuelles, l’usage actuel est de ne même plus tester l’hétéroscédasticité : on la suppose présente et l’on publie directement des écarts-types robustes.

Le test garde son intérêt pédagogique — il fait comprendre le mécanisme — et son intérêt pratique quand le remède coûte quelque chose.

Ce qu’il faut retenir

Le résumé du chapitre

Six points
  1. Quatre violations ne touchent que les écarts-types ; une seule, la variable omise, biaise les coefficients.
  2. Les premières se détectent par un test et se réparent par une formule.
  3. La seconde se détecte par le raisonnement économique et exige de changer de modèle.
  4. Tout diagnostic passe par les résidus : ils doivent ressembler à du bruit pur.
  5. Quatre graphiques, systématiquement, avant tout commentaire de coefficient.
  6. Les tests suivent tous le même schéma : une régression auxiliaire et un nR^2 lu dans un khi-deux.
La suite

La carte est dressée. Les cinq chapitres qui suivent la parcourent case par case, chacun sur le jeu de données où le problème se rencontre naturellement.

On commence par celui qui n’est pas vraiment une violation, et qui déroute le plus : la multicolinéarité.

← Chapitre précédentLes hypothèses de Gauss-Markov Chapitre suivant →La multicolinéarité

Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

© 2026 Jaouad Madkour · jmadkour.org

jmadkour@uae.ac.ma

construit avec Quarto