Statistique inférentielle
La troisième face
- Présentation du cours
- La troisième face
- Échantillonner
- La distribution d'échantillonnage de la moyenne
- Proportion et variance
- Les trois lois de l'inférence
- Estimateur et biais
- Les qualités d'un estimateur
- Construire un estimateur
- Le principe de l'intervalle de confiance
- L'intervalle pour une moyenne
- Proportion et variance : les intervalles
- Choisir la taille de l'échantillon
- La logique d'un test
- Les deux risques et la puissance
- La p-value
- Tester une moyenne, tester une proportion
- Comparer deux groupes
- L'analyse de la variance
- Les tests du khi-deux
- La régression devient un modèle
- Tester un coefficient
- Mise en œuvre sur R et Python
Statistique inférentielle
Introduction : La troisième face
Prérequis
Ce que ce cours suppose acquis
Le cours qui précède
Probabilités, dont ce cours utilise en permanence les lois et le théorème central limite.
Les notions mobilisées
Variable aléatoire, espérance, variance. Les lois normale, de Student, du khi-deux et de Fisher. Le théorème central limite, qui justifie à lui seul la moitié du cours.
Ce que le cours établit lui-même
Repris depuis le début
Échantillonnage, estimation, intervalle de confiance et test d’hypothèse sont construits ici.
Le cours ferme la boucle du bloc statistique : la descriptive décrivait un échantillon, les probabilités modélisaient le hasard, l’inférence conclut de l’un à l’autre.
Où nous sommes
Deux cours derrière nous, et une question restée sans réponse
Ce que nous savons faire
La statistique descriptive a résumé cinq cents salaires : moyenne 7\,158{,}26, écart-type 2\,598{,}10, une droite qui relie salaire et ancienneté.
Le calcul des probabilités a construit le langage du hasard : lois, espérance, variance, et deux théorèmes de convergence.
Ce que nous ne savons pas encore faire
Un institut interroge 50 salariés et trouve une moyenne de 7\,005{,}80 dirhams.
Que peut-il en dire de la population entière ? Rien, pour l’instant — et c’est précisément l’objet de ce cours.
Les trois faces d’une même discipline
Ce que la figure établit
Deux boîtes, trois trajets
| Discipline | Trajet | Nature |
|---|---|---|
| Statistique descriptive | dans l’échantillon | résumer |
| Calcul des probabilités | population \rightarrow échantillon | déduction |
| Statistique inférentielle | échantillon \rightarrow population | induction |
Le seul trajet incertain est le nôtre
Descendre est sûr : si l’on sait que p = 0{,}04, on calcule sans risque la probabilité de 14 défauts.
Remonter ne l’est pas : d’un échantillon, plusieurs populations différentes auraient pu naître. L’inférence ne supprime jamais cette incertitude — elle la mesure. C’est là toute sa valeur.
Le vocabulaire
Paramètre et statistique
Deux mots qu’il ne faut jamais confondre
Un paramètre décrit la population. Il est fixe et inconnu : m, \sigma, p.
Une statistique se calcule sur l’échantillon. Elle est connue et aléatoire : \overline{x}, s, f.
La convention de notation, à respecter dès maintenant
Lettres grecques ou majuscules latines pour les paramètres ; lettres latines minuscules pour les statistiques.
m \;\longleftrightarrow\; \overline{x} \qquad \sigma \;\longleftrightarrow\; s \qquad p \;\longleftrightarrow\; f \qquad \beta_1 \;\longleftrightarrow\; \widehat{\beta}_1
Une copie qui écrit « la moyenne de la population vaut 7\,005{,}80 » commet, en une phrase, l’erreur fondamentale du cours.
Le mot le plus important est « aléatoire »
Sur nos données
Prélevons trois échantillons de 40 salariés dans les mêmes 500. Les moyennes obtenues sont
6\,863 \qquad 7\,001 \qquad 7\,895
Trois nombres différents, calculés sur la même population, par la même méthode.
La conséquence
\overline{X} n’est pas un nombre : c’est une variable aléatoire, avec une loi, une espérance et un écart-type.
Toute la statistique inférentielle consiste à connaître cette loi, puis à s’en servir.
La démarche
Les six étapes, une fois pour toutes
Les trois questions que l’on saura traiter
Le programme du cours
| Question | Réponse | Chapitres |
|---|---|---|
| Quelle valeur retenir ? | estimation ponctuelle | 6 à 8 |
| Avec quelle précision ? | intervalle de confiance | 9 à 12 |
| Cette affirmation tient-elle ? | test d’hypothèse | 13 à 19 |
Trois questions, un seul outil
Les trois reposent sur la même chose : la loi de la statistique calculée.
Estimer, encadrer et tester ne sont pas trois méthodes ; ce sont trois façons de lire une même distribution d’échantillonnage.
Ce que cela change en gestion
Trois décisions, trois inférences
- Un contrôle qualité ne teste pas tous les articles : il conclut sur le lot à partir de quelques pièces.
- Un sondage interroge mille personnes et annonce un résultat national.
- Une étude de marché teste un produit sur un quartier et décide d’un lancement.
Dans les trois cas, la décision porte sur ce qu’on n’a pas observé.
Pourquoi on ne mesure pas tout
Trois raisons, et elles suffisent : le coût, le délai, et la destruction — on ne peut pas tester la durée de vie de toutes les ampoules produites, il n’en resterait aucune à vendre.
Quand un recensement complet est possible et peu coûteux, l’inférence est inutile. Elle n’est pas une commodité intellectuelle : elle est une nécessité économique.
Le fil rouge du cours
Les mêmes cinq cents salariés
Le jeu de données
Le fichier salaires.csv du cours de statistique descriptive : 500 salariés, six colonnes — identifiant, salaire, ancienneté, diplôme, région, sexe.
| Grandeur | Valeur |
|---|---|
| Effectif N | 500 |
| Moyenne m | 7\,158{,}26 |
| Écart-type \sigma | 2\,598{,}10 |
Un dispositif inhabituel, et volontaire
Ces cinq cents salariés seront traités comme la population, dont nous connaissons donc les paramètres.
Nous y tirerons des échantillons, nous ferons semblant d’ignorer m, et nous vérifierons à chaque étape que la méthode retrouve bien la vraie valeur. C’est la seule façon de voir fonctionner l’inférence de l’intérieur.
L’échantillon de travail
Un salarié sur dix
Nous retiendrons les individus dont l’identifiant est un multiple de dix : n = 50 observations.
| Grandeur | Symbole | Valeur |
|---|---|---|
| Moyenne d’échantillon | \overline{x} | 7\,005{,}80 |
| Écart-type corrigé | s | 2\,250{,}98 |
| Erreur-type | s/\sqrt{n} | 318{,}34 |
Un choix reproductible
Ce tirage ne dépend d’aucune graine aléatoire : n’importe quel étudiant, sous R, sous Python ou sur tableur, retrouvera exactement ces trois nombres.
C’est une exigence de méthode : un résultat statistique qu’on ne peut pas reproduire n’est pas un résultat.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Six points
- La descriptive résume l’échantillon ; les probabilités descendent vers lui ; l’inférence remonte vers la population.
- Le trajet inférentiel est le seul incertain — et le cours sert à mesurer cette incertitude.
- Un paramètre est fixe et inconnu ; une statistique est connue et aléatoire.
- \overline{X} change d’un échantillon à l’autre : c’est une variable aléatoire.
- Trois questions — estimer, encadrer, tester — reposent sur un seul objet : la distribution d’échantillonnage.
- Le fil rouge : 500 salariés de moyenne 7\,158{,}26, dont on tire 50 individus de moyenne 7\,005{,}80.
La suite
Tout ce qui précède suppose une chose que nous n’avons pas encore examinée : que l’échantillon représente la population.
Cette condition n’est pas automatique, et aucune formule ne la remplace. Le chapitre 1 lui est entièrement consacré.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)