Statistique inférentielle
Les tests du khi-deux
- Présentation du cours
- La troisième face
- Échantillonner
- La distribution d'échantillonnage de la moyenne
- Proportion et variance
- Les trois lois de l'inférence
- Estimateur et biais
- Les qualités d'un estimateur
- Construire un estimateur
- Le principe de l'intervalle de confiance
- L'intervalle pour une moyenne
- Proportion et variance : les intervalles
- Choisir la taille de l'échantillon
- La logique d'un test
- Les deux risques et la puissance
- La p-value
- Tester une moyenne, tester une proportion
- Comparer deux groupes
- L'analyse de la variance
- Les tests du khi-deux
- La régression devient un modèle
- Tester un coefficient
- Mise en œuvre sur R et Python
Statistique inférentielle
Chapitre 18 : Les tests du khi-deux
Le principe commun
Des effectifs, pas des moyennes
Le dernier type de données
Salaire, ancienneté : des grandeurs, sur lesquelles on calcule des moyennes.
Diplôme, région, sexe : des catégories, sur lesquelles on ne peut que compter. Aucun test précédent ne s’applique.
La statistique du khi-deux
\chi^2 = \sum_{\text{cases}} \frac{(\text{observé} - \text{attendu})^2}{\text{attendu}}
Deux tests, une seule formule : ce qui change est le calcul de l’attendu.
Pourquoi diviser par l’attendu
Un écart n’a pas le même poids partout
Dix de plus que prévu sur un effectif attendu de 20 : considérable.
Dix de plus sur un effectif attendu de 10\,000 : négligeable.
La division ramène tous les écarts à une échelle commune. Sans elle, les grosses cases écraseraient tout.
Trois conséquences immédiates
- La statistique est positive — c’est une somme de carrés.
- Le test est toujours unilatéral à droite : seuls les grands écarts contredisent H_0.
- Elle suit une loi du khi-deux, dont le degré de liberté dépend du test.
Le test d’adéquation
La question
Une distribution suit-elle une loi donnée
H_0 : la distribution observée est conforme à la loi théorique.
Effectif attendu de la modalité i : \;n \times p_i, où p_i vient de la loi supposée.
Degrés de liberté : \;k-1, où k est le nombre de modalités.
D’où vient le -1
La règle du chapitre 3 : un degré de liberté perdu par contrainte imposée aux données.
Ici une seule : la somme des effectifs attendus doit égaler n. Si la loi théorique comportait des paramètres estimés sur l’échantillon, il faudrait en retrancher autant.
Le dé du cours de probabilités
La lecture
Six cents lancers
H_0 : le dé est équilibré, donc p_i = 1/6 et l’effectif attendu vaut 100 par face.
\chi^2 = 4{,}94 \qquad \text{ddl} = 5 \qquad \text{seuil} = 11{,}07
4{,}94 < 11{,}07 : on ne rejette pas. Rien ne permet d’affirmer que le dé est truqué.
Un usage professionnel du même test
Vérifier qu’un nombre de pannes suit une loi de Poisson, qu’une file d’attente est bien exponentielle, qu’une série de rendements est normale.
Chaque fois qu’un modèle suppose une loi, ce test est le moyen de contrôler la supposition — au lieu de la laisser implicite.
Le test d’indépendance
La question
Deux caractères sont-ils liés
H_0 : les deux variables sont indépendantes.
Effectif attendu : \;\dfrac{n_{i\bullet} \times n_{\bullet j}}{n}.
Degrés de liberté : \;(l-1)(c-1), pour l lignes et c colonnes.
L’attendu vient tout droit des probabilités
Sous indépendance, p_{ij} = p_{i\bullet} \times p_{\bullet j} — c’est la définition du chapitre 11 des probabilités.
En multipliant par n, on obtient exactement la formule ci-dessus. Le test ne fait que confronter cette prédiction aux effectifs observés.
Diplôme et sexe
Le verdict
Le calcul
\chi^2 = 0{,}229 \qquad \text{ddl} = (3-1)(2-1) = 2 \qquad \text{seuil} = 5{,}99
p = 0{,}89 : les effectifs observés collent aux attendus de façon remarquable. On ne rejette pas l’indépendance.
Ce que cela apprend, et ce que cela n’apprend pas
Dans cette entreprise, diplôme et sexe se distribuent indépendamment : il n’y a pas de sur-représentation d’un sexe dans un niveau de formation.
Cela ne dit rien des salaires — mais le rapproche du chapitre 16 est instructif : ni le sexe seul, ni sa liaison au diplôme ne structurent la rémunération. Le diplôme, lui, la structure massivement.
Les conditions et les pièges
La condition de validité
Tout effectif attendu doit être supérieur à 5.
Sinon, on regroupe des modalités voisines — ou l’on emploie un test exact. La condition porte sur l’attendu, jamais sur l’observé.
Deux limites à connaître
Le khi-deux détecte une liaison, pas une causalité : c’est la mise en garde du cours de descriptive, inchangée.
Et il est sensible à n : sur cent mille observations, la moindre irrégularité devient significative. Il faut alors accompagner le test d’un indicateur d’intensité de la liaison.
La carte des tests
Les six tests du cours, sur une seule page
Comment s’en servir
Trois questions, dans cet ordre
- Que compare-t-on ? Un paramètre à une valeur, deux groupes, plusieurs groupes, ou des effectifs.
- De quelle nature sont les données ? Quantitatives ou catégorielles.
- Les observations vont-elles deux par deux ? Si oui, il faut apparier.
Le réflexe à prendre pour l’examen
Devant un énoncé inconnu, ne cherchez pas la formule : identifiez d’abord la nature de ce qui est comparé.
Les cinq étapes sont ensuite les mêmes pour les six tests. La formule suit toujours ; c’est l’identification qui se rate.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Six points
- Le khi-deux traite les effectifs de catégories, là où aucun autre test ne s’applique.
- \chi^2 = \sum (\text{observé}-\text{attendu})^2/\text{attendu} ; diviser par l’attendu met les écarts à la même échelle.
- Le test est toujours unilatéral à droite.
- Adéquation : attendu = n\,p_i, ddl = k-1. Sur le dé : \chi^2 = 4{,}94, on ne rejette pas.
- Indépendance : attendu = n_{i\bullet}n_{\bullet j}/n, ddl =(l-1)(c-1). Sur nos données : \chi^2 = 0{,}229, on ne rejette pas.
- Condition : tout effectif attendu supérieur à 5.
La suite
Le cours a traité une moyenne, deux groupes, plusieurs groupes, un tableau. Il reste la situation la plus riche : deux variables quantitatives.
La statistique descriptive s’y arrêtait à une droite d’ajustement. La dernière partie en fait un modèle, et ouvre l’économétrie.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)