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Analyse dynamique des modèles économiques

Lire la dynamique sur un dessin

Analyse dynamique des modèles économiques
  • Présentation du cours
  • Deux façons de représenter le temps
  • Le vocabulaire commun
  • L'ordre 1 linéaire, résolu des deux côtés
  • Stabilité — là où les deux temps divergent
  • Lire la dynamique sur un dessin
  • Quand les coefficients changent
  • L'ordre 2 et l'équation caractéristique
  • La stabilité à l'ordre 2
  • Les systèmes de deux variables
  • Le non linéaire, et le chaos
  • Quatre modèles classiques
  • Du déterminisme au hasard

Analyse dynamique des modèles économiques

Chapitre 4 : Lire la dynamique sur un dessin

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

24 septembre 2026

Deux outils graphiques

Pourquoi dessiner

Le dessin n’est pas un supplément d’agrément

Trois raisons de le maîtriser :

  1. Il donne la réponse avant le calcul : on voit la convergence, on la démontre ensuite.
  2. Il fonctionne encore quand le calcul échoue — c’est-à-dire dès que l’équation est non linéaire, au chapitre 9.
  3. C’est le langage dans lequel les modèles économiques sont présentés : le diagramme de Solow, la toile d’araignée, le portrait de phase d’un modèle de croissance.

Pourquoi dessiner (suite)

Un outil pour chaque temps
Temps discret Temps continu
diagramme en escalier diagramme de phase
on trace y_{t+1} contre y_t on trace \dot y contre y
l’équilibre est sur la bissectrice l’équilibre est sur l’axe

Le diagramme en escalier

La construction

La méthode, en quatre gestes

Construire l’escalier
  1. Tracer la droite y_{t+1}=a\,y_t+b dans le plan (y_t\,;\,y_{t+1}).
  2. Tracer la bissectrice y_{t+1}=y_t. Leur intersection est l’état stationnaire.
  3. Partir de y_0 sur l’axe horizontal, monter verticalement jusqu’à la droite : on lit y_1.
  4. Reporter y_1 sur l’axe horizontal en se déplaçant horizontalement jusqu’à la bissectrice. Recommencer.
Le rôle de la bissectrice

Elle sert d’appareil de recopie : elle transforme une ordonnée en abscisse.

Sans elle, on ne pourrait pas enchaîner les itérations sur un même graphique — c’est pour cela qu’elle figure sur tous les diagrammes en escalier de la littérature économique.

Ce que la pente décide

Lecture de la pente
Pente a Figure obtenue Conclusion
0<a<1 escalier régulier vers le point fixe convergence monotone
a>1 escalier qui s’éloigne divergence
-1<a<0 spirale qui se resserre oscillations amorties
a<-1 spirale qui s’élargit oscillations explosives

Ce que la pente décide (suite)

Le critère graphique

La droite est plus plate que la bissectrice : on converge. Elle est plus raide : on diverge.

« Plus plate » signifie exactement |a|<1. Le critère du chapitre 3 se lit donc à l’œil nu, sans calcul.

Et quand la pente est négative, l’escalier devient une spirale : c’est la traduction visuelle de l’oscillation.

Le diagramme de phase

La construction (suite 2)

La méthode, en trois gestes

Construire le diagramme de phase
  1. Tracer \dot y en fonction de y — pour \dot y = a\,y+b, c’est une droite.
  2. Les intersections avec l’axe horizontal sont les états stationnaires.
  3. Porter des flèches sur l’axe : vers la droite là où \dot y > 0, vers la gauche là où \dot y < 0.
Ce qu’on lit sur les flèches

Le temps a disparu du dessin. Il ne reste qu’une règle de déplacement sur l’axe des y, ce qui est possible précisément parce que l’équation est autonome.

Si les flèches convergent vers un équilibre, il est stable. Si elles s’en écartent, il est instable.

La méthode, en trois gestes (suite)

Le critère graphique du temps continu

La courbe coupe l’axe en descendant : équilibre stable. La courbe coupe l’axe en montant : équilibre instable.

Ce qui revient à dire : la pente de f au point d’équilibre est négative — c’est-à-dire a<0.

Deux critères, une même idée

Le parallèle exact
Discret Continu
Ce qu’on trace y_{t+1}=f(y_t) \dot y = f(y)
Référence la bissectrice l’axe horizontal
Équilibre intersection avec la bissectrice intersection avec l’axe
Stable si pente comprise entre -1 et 1 pente négative

Dans les deux cas : c’est la pente de f à l’équilibre qui décide. Seul le seuil change — et le chapitre 9 montrera que ce critère graphique reste valable pour les équations non linéaires.

La forme des trajectoires

Un troisième dessin, plus familier

La trajectoire temporelle

On peut aussi tracer simplement y en fonction de t : c’est le chronogramme.

C’est le dessin le moins riche des trois — il ne montre qu’une trajectoire, celle qui part de y_0 — mais c’est celui que lira un décideur.

Ce que chaque dessin apporte
Dessin Montre Ne montre pas
Chronogramme une trajectoire, datée les autres points de départ
Escalier / phase toutes les trajectoires à la fois les dates

Les deux se complètent : le premier répond à « quand », les seconds à « vers quoi ».

L’exemple complet

Un marché du logement

Le loyer s’ajuste selon L_{t+1} = -0{,}6\,L_t + 4000, avec L_0 = 3000.

Équilibre : L^\star = \dfrac{4000}{1{,}6}=2500.

Escalier : la pente -0{,}6 est négative et de module inférieur à 1 : spirale qui se resserre. Oscillations amorties.

Trajectoire : L_t = 2500 + 500\times(-0{,}6)^t, soit 3000, 2200, 2680, 2392, 2565, 2461, …

La lecture pour un observateur du marché

Le loyer d’équilibre est 2500. Mais un observateur qui relèverait seulement les trois premières valeurs — 3000, 2200, 2680 — conclurait à un marché « erratique » ou « spéculatif ».

Il n’en est rien : c’est un ajustement parfaitement déterministe qui dépasse sa cible à chaque fois, parce que les bailleurs réagissent au loyer de l’année précédente.

Confondre oscillation d’ajustement et instabilité est l’erreur d’interprétation la plus courante en analyse conjoncturelle.

Ce qu’il faut retenir

Le résumé du chapitre

Cinq points
  1. Temps discret : diagramme en escalier dans le plan (y_t\,;\,y_{t+1}), avec la bissectrice comme appareil de recopie.
  2. Temps continu : diagramme de phase, \dot y contre y, avec des flèches sur l’axe.
  3. Dans les deux cas, c’est la pente de f à l’équilibre qui décide de la stabilité ; seul le seuil diffère.
  4. Pente négative en discret : l’escalier devient une spirale, c’est l’oscillation.
  5. Le chronogramme complète, il ne remplace pas : il montre une trajectoire, pas toutes.
La suite

Tout cela suppose a et b constants. Que se passe-t-il quand le mécanisme lui-même change avec le temps — taux indexé, politique révisée, saisonnalité ?

C’est le chapitre 5, et il clôt l’ordre 1.

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Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

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