Introduction à l’analyse des données
L’idée de l’analyse en composantes principales
- Présentation du cours
- Voir en deux dimensions ce qui en a beaucoup
- De la statistique descriptive à l'analyse des données
- Rappels sur une variable : centrer et réduire
- La covariance, généralisation de la variance
- La corrélation linéaire
- Le tableau de données et le nuage
- L'inertie, ou l'information d'un nuage
- L'idée de l'analyse en composantes principales
- Axes, valeurs propres et inertie expliquée
- Combien d'axes retenir
- Le cercle des corrélations
- Le plan des individus
- Du khi-deux à l'analyse des correspondances
- Lire un plan de correspondances, et la suite
Introduction à l’analyse des données
Chapitre 7 : L’idée de l’analyse en composantes principales
Le problème, et sa solution
Ce qu’on cherche
Le programme, rappelé
Trouver la direction de l’espace sur laquelle la projection du nuage conserve le maximum d’inertie.
C’est le problème du photographe, énoncé mathématiquement.
Faire tourner l’axe
Intuition
Imaginons un axe passant par le centre du nuage, qu’on fait pivoter.
Pour chaque position, on projette les points et on mesure la dispersion des projections : grande quand l’axe suit l’allongement du nuage, petite quand il lui est perpendiculaire.
Il existe donc une position optimale, et c’est elle qu’on retient.
Les composantes principales
Le premier axe
Première composante principale
La première composante principale est la direction qui maximise l’inertie projetée.
C’est la direction d’allongement maximal du nuage.
Sur le fil rouge
Les cinq clients sont presque alignés — r = 0{,}9. La direction d’allongement est donc la diagonale, celle qui monte de l’individu 1 vers l’individu 5.
Cet axe unique résume à lui seul l’essentiel du tableau : les clients se distinguent surtout par une satisfaction globale, qui fait varier ensemble l’accueil et la fidélité.
Les axes suivants
Les composantes suivantes
La deuxième composante est la direction qui maximise l’inertie restante, sous une contrainte : elle doit être orthogonale à la première.
Puis la troisième, orthogonale aux deux premières, et ainsi de suite jusqu’à p axes.
Pourquoi l’orthogonalité
Sans cette contrainte, le deuxième axe se placerait presque au même endroit que le premier : il redirait la même chose.
L’orthogonalité garantit que chaque nouvel axe apporte une information que les précédents n’avaient pas. Les composantes sont ainsi non corrélées entre elles, et l’inertie qu’elles portent s’additionne sans double compte.
Trois propriétés à retenir
- Les axes sont hiérarchisés : le premier porte le plus d’inertie, puis le deuxième, et ainsi de suite.
- Ils sont orthogonaux deux à deux.
- Les inerties portées s’additionnent et redonnent l’inertie totale.
Le changement de regard
De variables observées à variables construites
Ce qu’est une composante
Une composante principale est une combinaison linéaire des variables de départ : C_1 = a_1 z_1 + a_2 z_2 + \dots + a_p z_p
C’est une variable nouvelle, qu’on n’a pas mesurée mais construite.
Ce que cela donne en gestion
Sur un fichier de satisfaction, le premier axe combine souvent positivement tous les critères : c’est un niveau général de satisfaction, que personne n’a mesuré directement.
Le deuxième oppose fréquemment deux familles de critères — par exemple le service contre le prix. Il mesure alors un arbitrage entre deux dimensions du jugement.
L’analyse fabrique ainsi des indicateurs synthétiques, et c’est souvent le principal résultat pratique de l’exercice.
La nuance à ne pas manquer
Intuition
Ces variables construites n’existaient pas dans le tableau. Rien ne garantit qu’elles aient un sens.
Les interpréter est un travail à part entière : il faut regarder quelles variables les composent — c’est le chapitre 10 — et connaître le domaine. Une composante mal nommée est une erreur durable.
Quand l’ACP est utile, et quand elle ne l’est pas
La condition
L’ACP n’apporte quelque chose que si les variables sont corrélées entre elles.
Si toutes les corrélations sont nulles, chaque variable porte une information propre : aucune réduction n’est possible, et tous les axes portent la même inertie.
Le contrôle préalable
D’où l’importance de la matrice des corrélations du chapitre 4 : elle se regarde avant de lancer l’analyse.
Une matrice ne contenant que des corrélations proches de zéro annonce que l’ACP ne servira à rien. Une matrice pleine de valeurs fortes annonce l’inverse — les variables se répètent, et l’on pourra les résumer.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Cinq points
- La première composante est la direction qui maximise l’inertie projetée.
- Les suivantes maximisent l’inertie restante, sous contrainte d’orthogonalité.
- Les axes sont hiérarchisés, orthogonaux, et leurs inerties s’additionnent.
- Une composante est une combinaison linéaire des variables — une variable construite, à interpréter.
- L’ACP n’est utile que si les variables sont corrélées : la matrice des corrélations le dit d’avance.
La suite
Reste à savoir comment ces axes se calculent. Le chapitre 8 donne la réponse — et elle tient dans un objet du cours d’algèbre linéaire.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)