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Calcul stochastique pour la finance

Le mouvement brownien

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Calcul stochastique pour la finance

Chapitre 1 : Le mouvement brownien

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

25 septembre 2026

Avant de commencer

D’où l’on vient

L’introduction a produit un objet limite. Nous cessons maintenant de le construire : nous le définissons, et nous travaillons avec.

Le changement de point de vue

Le mouvement brownien n’est plus l’aboutissement d’un calcul, c’est une brique. Comme la loi normale : on ne la redémontre pas à chaque usage, on s’en sert.

La définition

Quatre propriétés, et rien d’autre

Mouvement brownien standard

Un processus (W_t)_{t\ge 0} est un mouvement brownien standard si :

  1. W_0 = 0 ;
  2. ses accroissements sont indépendants : pour s < t < u, W_t - W_s et W_u - W_t sont indépendants ;
  3. ses accroissements sont gaussiens et stationnaires : W_t - W_s \sim \mathcal{N}(0,\,t-s) ;
  4. ses trajectoires sont continues.

Lire la définition

Ce que chaque propriété interdit
    1. interdit la mémoire : le passé ne renseigne pas sur le prochain mouvement.
    1. interdit les sauts de loi : l’aléa est le même à toute date, et sa taille ne dépend que de la durée écoulée.
    1. interdit les discontinuités : pas de krach instantané. C’est la principale faiblesse du modèle, on y reviendra au chapitre 8.
Traduction financière
  1. est la forme forte de l’efficience : aucune stratégie fondée sur l’historique ne procure d’avantage. (3) dit que le risque d’un placement dépend de sa durée, pas de sa date.

Les premières conséquences

\mathrm{E}(W_t) = 0, \qquad \mathrm{Var}(W_t) = t, \qquad \mathrm{Cov}(W_s, W_t) = \min(s,t).

La covariance, en une ligne

Pour s < t, on écrit W_t = W_s + (W_t - W_s). Le second terme est indépendant du premier et centré, donc \mathrm{Cov}(W_s,W_t) = \mathrm{Var}(W_s) = s = \min(s,t).

Une martingale

Propriété de martingale

\mathrm{E}\big(W_t \mid \mathcal{F}_s\big) = W_s \quad \text{pour } s < t, où \mathcal{F}_s désigne l’information disponible à la date s.

Ce que cela veut dire

La meilleure prévision de demain est la valeur d’aujourd’hui. C’est exactement ce que disait la marche aléatoire \mathrm{E}(y_{t+1}\mid y_t) = y_t — l’écho continu de ce que vous connaissez déjà.

Cinq trajectoires

L’enveloppe \pm\sqrt{t} n’est pas une barrière : c’est l’écart-type.

La rugosité des trajectoires

Continues partout, dérivables nulle part

Non-dérivabilité

Presque sûrement, la trajectoire t \mapsto W_t n’admet de dérivée en aucun point.

L’argument tient en une ligne. Sur un intervalle de longueur h, l’accroissement est d’ordre \sqrt{h}, donc

\frac{W_{t+h} - W_t}{h} \ \sim \ \frac{\sqrt{h}}{h} = \frac{1}{\sqrt{h}} \ \xrightarrow[h\to 0]{} \ \infty.

La conséquence pour tout le cours

On ne pourra jamais écrire dW/dt. Toute la partie II est la recherche d’un calcul différentiel qui s’en passe.

Le zoom qui ne lisse rien

Chaque vignette est un zoom de la précédente, remis à l’échelle \sqrt{\ }. Une courbe dérivable finirait par ressembler à une droite. Celle-ci ne se calme jamais.

La variation quadratique

Le fait central du cours

Pour une subdivision de [0,t] de pas tendant vers zéro, \sum_k \big(W_{t_{k+1}} - W_{t_k}\big)^2 \ \longrightarrow \ t. On note \langle W \rangle_t = t, et l’on résume par la règle formelle (dW)^2 = dt.

Pourquoi c’est stupéfiant

La somme des carrés des accroissements est aléatoire terme à terme, et pourtant sa limite est déterministe. Chaque carré vaut en moyenne \Delta t ; il y en a t/\Delta t ; le total vaut t et ne fluctue plus.

Ce que la variation quadratique entraîne

Pour une fonction dérivable f, la même somme tendrait vers zéro : les accroissements sont d’ordre h, leurs carrés d’ordre h^2, et il n’y en a que t/h.

La conséquence, et tout le cours en dépend

Dans un développement de Taylor, le terme du second ordre ne disparaît pas. C’est précisément lui qui produira le lemme d’Itô au chapitre 6, et le fameux -\sigma^2/2 du chapitre 7.

Synthèse

Ce qu’il faut retenir

L’essentiel du chapitre 1
  • Quatre propriétés définissent le brownien : départ en zéro, accroissements indépendants, gaussiens de variance égale à la durée, trajectoires continues.
  • \mathrm{E}(W_t)=0, \mathrm{Var}(W_t)=t, \mathrm{Cov}(W_s,W_t)=\min(s,t) ; c’est une martingale.
  • Les trajectoires sont continues mais nulle part dérivables : dW/dt n’existe pas.
  • La variation quadratique vaut t : formellement (dW)^2 = dt.
Vers le chapitre 2

Nous avons un processus. Est-il un bon modèle de prix ? Le chapitre suivant montre qu’en l’état, non — et construit celui qui convient.

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Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

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