Principes de microéconomie
Les marchés des facteurs de production
- Présentation du cours
- Les externalités
- Biens publics et ressources communes
- La conception du système fiscal
- Les coûts de production
- L'entreprise en concurrence parfaite
- Le monopole
- La concurrence monopolistique
- L'oligopole et l'interaction stratégique
- Les marchés des facteurs de production
- Revenus, inégalités et discrimination
- L'asymétrie d'information
- Le choix du consommateur et ses limites
Principes de microéconomie
Chapitre 8 : Les marchés des facteurs de production
Une demande dérivée
Ce qui distingue ces marchés
Facteurs de production
Les facteurs de production sont les ressources utilisées pour produire : le travail, le capital — machines, bâtiments — et la terre.
Demande dérivée
La demande de facteurs est dérivée : une entreprise n’embauche pas pour embaucher, mais parce que le travail lui permet de produire ce qu’elle vend.
La demande de travail dépend donc directement de la demande du bien produit.
Une conséquence immédiate
Quand la demande de ciment s’effondre, l’emploi dans les cimenteries chute — non parce que les salariés sont devenus moins compétents, mais parce que ce qu’ils produisent vaut moins.
C’est le point d’entrée de toute analyse du marché du travail.
La décision d’embauche
La valeur du produit marginal
Deux notions
Le produit marginal du travail (PmL) est la production supplémentaire obtenue en embauchant un salarié de plus.
La valeur du produit marginal est ce que cette production rapporte : VPmL = P \times PmL
Une cimenterie qui embauche
Prix du ciment : 30 dirhams la tonne. Salaire : 600 dirhams.
| Salariés | Production | PmL | VPmL | Décision |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 40 | 40 | 1200 | embaucher |
| 2 | 70 | 30 | 900 | embaucher |
| 3 | 90 | 20 | 600 | seuil |
| 4 | 100 | 10 | 300 | ne pas embaucher |
L’entreprise embauche trois salariés : au-delà, le salarié rapporte moins qu’il ne coûte.
La règle d’embauche
\boxed{\,\text{salaire} = VPmL\,}
La courbe de demande de travail est la courbe de valeur du produit marginal.
Encore le raisonnement marginal
C’est exactement la règle du chapitre 4, transposée : on ajoute une unité tant qu’elle rapporte plus qu’elle ne coûte.
Le produit marginal décroît — pour la même raison que le coût marginal montait — d’où une demande de travail décroissante avec le salaire.
Ce qui déplace la demande de travail
Trois facteurs
- Le prix du produit — il multiplie directement le VPmL.
- La technologie — elle modifie le produit marginal.
- La quantité des autres facteurs — plus de machines rend souvent le travail plus productif.
La technologie détruit-elle l’emploi
Une machine qui remplace le travail réduit la demande de travail dans cette tâche. Mais en abaissant le coût, elle abaisse le prix, ce qui augmente la quantité vendue — et elle crée des emplois ailleurs.
Historiquement, le second effet a dominé : l’emploi n’a pas disparu avec la mécanisation. Cela ne dit rien de la vitesse de l’ajustement ni de qui en supporte le coût, qui sont les vraies questions politiques.
L’équilibre du marché
Ce que le salaire égalise
L’offre de travail
Chaque personne arbitre entre travail et loisir. Le salaire est le coût d’opportunité du loisir : plus il est élevé, plus renoncer à une heure de loisir coûte cher.
L’offre de travail croît donc généralement avec le salaire.
Le résultat central
À l’équilibre concurrentiel, chaque facteur est rémunéré à la valeur de son produit marginal.
Un salarié qui produit pour 600 dirhams reçoit 600 dirhams.
Ce que ce résultat dit, et ne dit pas
Il dit que le salaire suit la productivité, elle-même liée à la formation, à l’expérience et aux équipements disponibles. C’est l’explication de fond des écarts de salaires entre pays.
Il ne dit pas que la répartition qui en résulte est juste. Le marché rémunère la contribution productive, non le mérite ni le besoin — et il suppose une concurrence que le chapitre 9 remettra en cause.
Les trois facteurs ensemble
La règle d’allocation
Une entreprise qui emploie plusieurs facteurs les combine de sorte que le dernier dirham dépensé rapporte autant partout :
\frac{PmL}{w} = \frac{PmK}{r}
C’est la règle d’or du chapitre 7 de Mathématiques pour la gestion
Cette condition a été établie par la méthode de Lagrange : maximiser la production sous contrainte de budget conduit exactement à cette égalité.
Les deux cours se rejoignent ici. L’un fournit la technique d’optimisation sous contrainte, l’autre en donne le sens économique.
Les facteurs sont complémentaires
Intuition
Une hausse du capital augmente généralement le produit marginal du travail — un ouvrier avec une machine produit davantage.
Les marchés de facteurs sont donc liés : ce qui arrive à l’un déplace la demande de l’autre. On ne peut pas les étudier séparément.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Cinq points
- La demande de facteurs est dérivée de la demande du produit.
- L’entreprise embauche tant que VPmL dépasse le salaire, donc jusqu’à w = VPmL.
- La demande de travail est la courbe de valeur du produit marginal.
- À l’équilibre, chaque facteur est payé à la valeur de son produit marginal.
- Entre facteurs, l’entreprise égalise PmL/w = PmK/r — la règle d’or de l’allocation.
La suite
Si le salaire suit la productivité, d’où viennent les écarts de revenus considérables que l’on observe — et ceux qui ne s’expliquent par aucune différence de productivité ?
C’est le chapitre 9.
Ressources du chapitre
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