Principes de microéconomie
Les coûts de production
- Présentation du cours
- Les externalités
- Biens publics et ressources communes
- La conception du système fiscal
- Les coûts de production
- L'entreprise en concurrence parfaite
- Le monopole
- La concurrence monopolistique
- L'oligopole et l'interaction stratégique
- Les marchés des facteurs de production
- Revenus, inégalités et discrimination
- L'asymétrie d'information
- Le choix du consommateur et ses limites
Principes de microéconomie
Chapitre 3 : Les coûts de production
D’où vient la courbe d’offre
Une courbe qu’on avait admise
Le point de départ
Dans Principes d’économie, la courbe d’offre était donnée : elle montait avec le prix, et cela suffisait.
Ce chapitre la construit. On verra qu’elle n’est rien d’autre que la courbe de coût marginal de l’entreprise — et cette identification commande les quatre chapitres suivants.
L’objectif de l’entreprise
On suppose que l’entreprise cherche à maximiser son profit : \Pi = \text{recette totale} - \text{coût total}
Le coût économique n’est pas le coût comptable
Application en gestion
Le comptable enregistre les coûts explicites : ce qui est décaissé.
L’économiste ajoute les coûts implicites — la rémunération que le dirigeant obtiendrait ailleurs, l’intérêt des fonds propres immobilisés. C’est le coût d’opportunité de l’introduction de Principes d’économie.
Une entreprise peut donc afficher un bénéfice comptable positif et un profit économique nul : elle couvre tout juste ce que ses ressources rapporteraient ailleurs.
Les coûts, chiffrés
Le tableau complet
Une cimenterie, coût fixe de 100
| q | CF | CV | CT | CM | CVM | Cm |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 | 100 | 0 | 100 | — | — | — |
| 1 | 100 | 50 | 150 | 150{,}0 | 50{,}0 | 50 |
| 2 | 100 | 90 | 190 | 95{,}0 | 45{,}0 | 40 |
| 3 | 100 | 120 | 220 | 73{,}3 | 40{,}0 | 30 |
| 4 | 100 | 160 | 260 | 65{,}0 | 40{,}0 | 40 |
| 5 | 100 | 220 | 320 | \mathbf{64{,}0} | 44{,}0 | 60 |
| 6 | 100 | 300 | 400 | 66{,}7 | 50{,}0 | 80 |
| 7 | 100 | 400 | 500 | 71{,}4 | 57{,}1 | 100 |
Les cinq colonnes
- Coût fixe CF : indépendant de la quantité — le four, le bâtiment.
- Coût variable CV : croît avec la production — énergie, matières.
- Coût total CT = CF + CV.
- Coût moyen CM = CT / q : le coût par unité.
- Coût marginal Cm : le coût de la tonne suivante.
Trois formes à comprendre
Pourquoi le coût moyen est en U
Le coût fixe, réparti sur un nombre croissant d’unités, tire le coût moyen vers le bas : 100 dirhams sur une tonne, puis sur cinq.
Le coût variable moyen, lui, finit par monter : au-delà d’un certain point, l’atelier est saturé, chaque tonne supplémentaire coûte plus cher que la précédente.
Le premier effet domine d’abord, le second ensuite. D’où la forme en U, et un minimum en q = 5.
Pourquoi le coût marginal monte
C’est la productivité marginale décroissante : avec un four de taille fixe, ajouter du travail rapporte de moins en moins.
Chaque tonne supplémentaire exige donc davantage de facteurs, et coûte plus cher.
La relation entre marginal et moyen
Définition
Le coût marginal coupe le coût moyen exactement en son minimum.
- Si Cm < CM, la tonne suivante coûte moins que la moyenne : elle tire la moyenne vers le bas.
- Si Cm > CM, elle la tire vers le haut.
- La moyenne est donc au plus bas là où les deux se croisent.
Vérification sur le tableau
Exemple
En q = 5 : Cm = 60 < CM = 64{,}0, la moyenne descend encore.
En q = 6 : Cm = 80 > CM = 66{,}7, la moyenne remonte.
Le minimum du coût moyen, 64 dirhams, est bien atteint en q = 5.
Le lien avec les mathématiques
Application en gestion
Ce résultat est démontré au chapitre 4 de Mathématiques pour la gestion : annuler la dérivée du coût moyen conduit précisément à Cm = CM.
Ce n’est pas une coïncidence de tableau, c’est une propriété générale — et c’est la même relation qui lie une note moyenne à la note du devoir suivant.
Court terme et long terme
Ce que la durée change
La distinction
À court terme, certains facteurs sont fixes : on ne construit pas un four en un mois. Le coût fixe existe donc, et il est incompressible.
À long terme, tout est ajustable : on peut agrandir, déménager, fermer. Tous les coûts deviennent variables.
Une conséquence directe
La courbe de coût moyen de long terme est l’enveloppe des courbes de court terme : pour chaque quantité, elle retient la taille d’usine la mieux adaptée.
Elle est donc toujours en dessous des courbes de court terme, sauf au point où l’usine est de la bonne taille.
Les rendements d’échelle
Définition
| Quand la taille augmente… | Le coût moyen de long terme… | On parle de |
|---|---|---|
| production plus que proportionnelle | baisse | économies d’échelle |
| proportionnelle | reste stable | rendements constants |
| moins que proportionnelle | monte | déséconomies d’échelle |
Pourquoi cela décide de la structure du marché
Application en gestion
Un secteur à fortes économies d’échelle — réseau d’eau, distribution d’électricité — tend vers peu d’entreprises, parfois une seule : c’est le monopole naturel du chapitre 5.
Un secteur où le coût moyen remonte vite en accueille beaucoup. La forme des coûts détermine le nombre de concurrents, et donc les chapitres 4 à 7.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Cinq points
- Le coût économique inclut les coûts implicites ; un bénéfice comptable positif peut cacher un profit économique nul.
- Le coût moyen est en U : le fixe s’amortit, puis le variable moyen l’emporte.
- Le coût marginal monte, par productivité marginale décroissante.
- Le coût marginal coupe le coût moyen en son minimum — ici 64 dirhams en q = 5.
- À long terme, tout est variable ; les rendements d’échelle déterminent le nombre d’entreprises viables.
La suite
Les coûts sont en place. Le chapitre 4 en tire la décision de production d’une entreprise qui subit le prix — et retrouve, enfin, la courbe d’offre admise au chapitre 3 de Principes d’économie.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)