Principes d’économie
Consommateurs, producteurs et efficacité des marchés
- Présentation du cours
- Les dix principes de l'économie
- Penser comme un économiste
- Interdépendance et gains à l'échange
- Les forces du marché : l'offre et la demande
- L'élasticité et ses applications
- Offre, demande et politiques publiques
- Consommateurs, producteurs et efficacité des marchés
- Application : le coût de la fiscalité
- Application : le commerce international
- Deux branches : microéconomie et macroéconomie
Principes d’économie
Chapitre 6 : Consommateurs, producteurs et efficacité des marchés
Ce que rapporte un marché
Le manque des chapitres précédents
Décrire ne suffit plus
Les chapitres 3 à 5 disent comment les prix et les quantités se forment et se déforment. Aucun ne permet de dire si un résultat est meilleur qu’un autre.
Pour cela, il faut une mesure du bien-être que le marché procure. Elle existe, elle est simple, et elle se lit comme une aire sur le graphique déjà tracé.
Économie du bien-être
L’économie du bien-être étudie la façon dont l’allocation des ressources affecte la satisfaction des membres d’une société.
Le surplus du consommateur
Ce que l’acheteur gagne à l’échange
Consentement à payer et surplus
Le consentement à payer est le montant maximal qu’un acheteur accepterait de verser pour un bien.
Le surplus du consommateur est ce consentement moins le prix effectivement payé : \text{surplus} = \text{consentement à payer} - \text{prix payé}
Un acheteur, une transaction
Un client était prêt à payer 30 dirhams le kilogramme de dattes. Il l’achète 20.
Son surplus est de 10 dirhams : la valeur qu’il retire de l’échange, au-delà de ce qu’il a déboursé.
Pourquoi c’est une aire
Intuition
La courbe de demande donne, pour chaque quantité, le consentement à payer de l’acheteur marginal. Le surplus de l’ensemble des acheteurs est donc l’aire comprise entre la courbe de demande et le prix.
Les premiers kilogrammes sont achetés par ceux qui les valorisent le plus : leur surplus est grand. Le dernier kilogramme est acheté par quelqu’un dont le consentement égale tout juste le prix : son surplus est nul.
Le surplus du producteur
Ce que le vendeur gagne à l’échange
Coût et surplus du producteur
Le coût d’un vendeur est la valeur de tout ce qu’il doit céder pour produire — y compris son temps, au sens du coût d’opportunité de l’introduction.
Le surplus du producteur est le prix reçu moins ce coût : \text{surplus} = \text{prix reçu} - \text{coût}
La courbe d’offre lue autrement
La courbe d’offre donne, pour chaque quantité, le coût du producteur marginal — le prix minimal auquel il accepte de vendre.
Le surplus des producteurs est donc l’aire comprise entre le prix et la courbe d’offre.
Le surplus total
Le calcul sur le marché des dattes
Les deux courbes, écrites en prix
Les relations du chapitre 3, retournées, donnent le prix en fonction de la quantité :
\text{demande : } P = 35 - \frac{Q}{4} \qquad\qquad \text{offre : } P = 5 + \frac{Q}{4}
À Q = 60, les deux donnent bien P = 20 : c’est l’équilibre.
Le premier kilogramme trouve un acheteur prêt à payer 35 dirhams, et un vendeur prêt à céder pour 5.
Les surplus, à l’équilibre
Chaque surplus est un triangle de base 60 :
\text{surplus du consommateur} = \tfrac{1}{2} \times 60 \times (35 - 20) = 450
\text{surplus du producteur} = \tfrac{1}{2} \times 60 \times (20 - 5) = 450
| Montant | |
|---|---|
| Surplus du consommateur | 450 |
| Surplus du producteur | 450 |
| Surplus total | \mathbf{900} |
Surplus total
\text{surplus total} = \text{valeur pour les acheteurs} - \text{coût pour les vendeurs}
C’est la richesse créée par l’existence de ce marché.
L’efficacité de l’équilibre
Trois propriétés remarquables
Ce que l’équilibre concurrentiel réalise
- Le bien va aux acheteurs qui le valorisent le plus.
- Il est produit par les vendeurs dont le coût est le plus faible.
- La quantité échangée maximise le surplus total.
Pourquoi la quantité d’équilibre est la bonne
En deçà de 60 : le consentement à payer de l’acheteur suivant dépasse le coût du vendeur suivant. Leur échange créerait de la valeur — donc on n’y est pas encore.
Au-delà de 60 : le coût du vendeur dépasse ce que l’acheteur est prêt à payer. Chaque unité supplémentaire détruit de la valeur.
Le surplus total est donc maximal exactement là où les deux courbes se croisent.
Efficacité
Une allocation est efficace lorsqu’elle maximise le surplus total. C’est le contenu précis du principe 6 de l’introduction : les marchés organisent bien l’activité économique.
Ce que l’efficacité ne dit pas
Efficace ne veut pas dire juste
Le surplus total additionne les gains sans regarder qui les reçoit. Un marché parfaitement efficace peut laisser certains sans rien, faute de moyens de payer.
L’efficacité concerne la taille du gâteau ; l’équité, son partage. C’est l’arbitrage du principe 1, et aucune analyse de surplus ne le tranche.
Les trois hypothèses cachées
Le résultat d’efficacité suppose que :
- les marchés sont parfaitement concurrentiels — sinon, pouvoir de marché ;
- il n’y a pas d’externalité — sinon, des tiers sont affectés sans être comptés ;
- les agents sont bien informés.
Chacune de ces trois hypothèses tombe dans un chapitre de Principes de microéconomie. Ce sont les défaillances de marché du principe 7.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Cinq points
- Le surplus du consommateur est l’aire entre la courbe de demande et le prix.
- Le surplus du producteur est l’aire entre le prix et la courbe d’offre.
- Sur le marché des dattes, chacun vaut 450 ; le surplus total vaut 900.
- L’équilibre concurrentiel maximise le surplus total : il est efficace.
- Efficace n’est pas équitable, et l’efficacité suppose ni pouvoir de marché, ni externalité, ni ignorance.
La suite
Nous disposons enfin d’une mesure. Le chapitre 5 avait décrit la taxe ; le chapitre 7 va la chiffrer — et montrer qu’elle coûte à la société davantage qu’elle ne rapporte à l’État.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)