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Principes de macroéconomie

L’arbitrage entre inflation et chômage

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Principes de macroéconomie

Chapitre 11 : L’arbitrage entre inflation et chômage

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

24 septembre 2026

La courbe de Phillips

Une relation observée, puis expliquée

La courbe de Phillips

La courbe de Phillips relie négativement l’inflation et le chômage : lorsque l’une monte, l’autre baisse.

Elle découle du chapitre 9

Une demande globale plus forte élève à la fois la production et les prix. Production plus forte signifie chômage plus faible.

Inflation en hausse et chômage en baisse vont donc ensemble — et c’est simplement une autre lecture du même graphique.

Le menu apparent des années 1960

Exemple
Politique Inflation Chômage
Demande soutenue élevée faible
Demande contenue faible élevé

On a cru pouvoir choisir durablement un point sur ce menu. Les années 1970 ont démenti cette lecture.

La verticale de long terme

La critique de Friedman et Phelps

Le taux de chômage naturel

Le taux naturel est le chômage qui subsiste quand l’économie est à son potentiel. Il rassemble le chômage frictionnel et structurel du chapitre 5.

Il ne dépend pas de l’inflation.

La courbe de Phillips augmentée

\text{chômage} = \text{taux naturel} - a\,(\text{inflation} - \text{inflation anticipée})

Seul l’écart entre inflation réalisée et anticipée agit sur le chômage.

Pourquoi l’arbitrage disparaît à long terme

Intuition

Une inflation surprise trompe momentanément : les salaires ont été fixés sur une inflation plus basse, les salaires réels baissent, les entreprises embauchent.

Mais les agents apprennent. Une fois l’inflation anticipée, les salaires sont renégociés, et le chômage revient à son taux naturel — avec une inflation désormais plus élevée.

À long terme, la courbe de Phillips est verticale. On ne peut pas acheter durablement de l’emploi avec de l’inflation ; on ne peut acheter qu’un délai.

La stagflation des années 1970, deux causes

Application en gestion
  1. Les anticipations s’étaient ajustées après une décennie d’inflation : l’arbitrage exploité s’était épuisé.
  2. Les chocs pétroliers ont déplacé l’offre globale — et un choc d’offre, on l’a vu au chapitre 9, dégrade les deux grandeurs à la fois.

Inflation et chômage ont monté ensemble, ce que la courbe de Phillips initiale déclarait impossible. C’est l’une des réfutations les plus nettes de l’histoire de la discipline.

Désinflater

Le coût de la désinflation

Le taux de sacrifice

Le taux de sacrifice est le nombre de points de PIB annuel qu’il faut abandonner pour réduire l’inflation d’un point.

Les estimations usuelles se situent autour de cinq, avec une forte dispersion selon les périodes et les pays.

Pourquoi la désinflation coûte

Tant que les agents anticipent une inflation élevée, ils l’inscrivent dans les contrats. Freiner la demande fait alors baisser la production avant les prix.

Le coût vient donc du retard des anticipations — et non de la désinflation elle-même.

Les anticipations rationnelles

Si les agents comprennent la politique annoncée et la croient, ils révisent immédiatement leurs anticipations.

La désinflation peut alors se faire à faible coût. Tout repose sur la crédibilité de l’annonce.

Ce que l’expérience a montré

Application en gestion

Les désinflations menées sans crédibilité initiale ont été coûteuses en chômage. Celles conduites par des banques centrales indépendantes, avec des objectifs annoncés, l’ont été nettement moins.

C’est l’argument décisif en faveur de l’indépendance et du ciblage d’inflation, adoptés par la plupart des banques centrales — et cela relie le chapitre 10 à celui-ci.

Bilan du cours

Le fil rouge chiffré

L’économie de référence, d’un bout à l’autre
Chapitre Grandeur Valeur
1 PIB nominal 2020 \to 2021 1000 \to 1155
1 PIB réel 1000 \to 1100
1 Croissance réelle / inflation 10\,\% / 5\,\%
2 IPC 100 \to 110
6 Chômage / activité 8\,\% / 66{,}7\,\%
7 Multiplicateur monétaire 5
8 M doublé \Rightarrow prix 5 \to 10
9 Taux PPA 10 dh/euro

Long terme et court terme

Les deux moitiés du cours
Chapitres Ce qui détermine la production La monnaie
Long terme 3–9 productivité, capital, technologie neutre
Court terme 10–12 demande globale agit

Ce qu’il faut avoir compris en sortant

Intuition

Ces deux moitiés ne se contredisent pas : elles répondent à des questions différentes.

Demander pourquoi un pays est riche appelle le long terme et la productivité. Demander pourquoi il est en récession cette année appelle le court terme et la demande.

Appliquer le mauvais cadre est l’erreur la plus fréquente du commentaire macroéconomique — croire qu’une relance produit de la croissance durable, ou qu’une réforme structurelle sort d’une récession en cours.

Ce que ce cours prépare

Application en gestion

Toutes les séries définies ici — PIB, inflation, chômage, taux, change — seront les données des cours d’économétrie.

Le niveau Master les modélisera : leur dynamique dans Modélisation ARMA, leur volatilité dans GARCH, leurs effets causaux dans Inférence causale.

Aucun de ces modèles ne dispense de savoir ce que la série mesure. C’était l’objet des deux premiers chapitres, et c’est la raison pour laquelle ils venaient en premier.

Ce qu’il faut retenir

Le résumé du chapitre

Cinq points
  1. La courbe de Phillips relie négativement inflation et chômage — à court terme.
  2. Seul l’écart entre inflation réalisée et anticipée agit ; la courbe de long terme est verticale.
  3. Le taux naturel rassemble chômage frictionnel et structurel, et ne dépend pas de l’inflation.
  4. La stagflation des années 1970 est venue de l’ajustement des anticipations et de chocs d’offre.
  5. Le coût d’une désinflation dépend de la crédibilité : c’est le retard des anticipations qui se paie.
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Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

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