Principes de macroéconomie
Épargne, investissement et système financier
- Présentation du cours
- Mesurer le revenu d'une nation : le PIB
- Mesurer le coût de la vie : l'inflation
- Production et croissance
- Épargne, investissement et système financier
- Valeur temporelle de l'argent et risque
- Le chômage
- Le système monétaire
- Croissance monétaire et inflation
- L'économie ouverte : change et balance des paiements
- Offre globale et demande globale
- Politique monétaire et politique budgétaire
- L'arbitrage entre inflation et chômage
Principes de macroéconomie
Chapitre 3 : Épargne, investissement et système financier
Le système financier
À quoi il sert
Système financier
Le système financier est l’ensemble des institutions qui dirigent l’épargne des uns vers l’investissement des autres.
Deux grandes voies
Les marchés financiers — l’épargnant finance directement l’entreprise :
- obligation : un titre de créance, à échéance et intérêt fixés ;
- action : un titre de propriété, sans garantie, avec droit sur les bénéfices.
Les intermédiaires — banques et fonds collectent puis prêtent, en assumant la transformation des montants et des échéances.
Ce qui distingue une action d’une obligation
Exemple
| Obligation | Action | |
|---|---|---|
| Nature | créance | propriété |
| Revenu | intérêt fixé | dividende variable |
| Risque | plus faible | plus élevé |
| En cas de faillite | remboursé avant | après tous les créanciers |
Ce que le système financier produit vraiment
Application en gestion
Il ne se contente pas de transporter de l’argent. Il sélectionne les projets, diversifie les risques, et transforme une épargne liquide en financement long.
Un pays sans système financier fonctionnel peut avoir de l’épargne et pas d’investissement : c’est l’une des explications récurrentes des échecs de rattrapage du chapitre 2.
L’identité comptable
Ce qui est vrai par construction
Le point de départ
Pour une économie fermée, le PIB se décompose en Y = C + I + G
D’où, en isolant l’investissement : I = Y - C - G
Épargne nationale
S = Y - C - G
Donc, par construction : \boxed{\,S = I\,}
En économie fermée, l’épargne nationale égale l’investissement.
Épargne privée et publique
Définition
S = \underbrace{(Y - T - C)}_{\text{privée}} + \underbrace{(T - G)}_{\text{publique}}
où T désigne les impôts nets des transferts.
L’épargne publique est positive en excédent budgétaire, négative en déficit.
Une identité n’est pas une théorie
Intuition
S = I est vrai par définition des grandeurs. Cela ne dit pas que l’épargne cause l’investissement, ni l’inverse.
L’égalité est assurée par l’ajustement d’un prix — le taux d’intérêt — dont le chapitre expose maintenant le marché.
Le marché des fonds prêtables
Offre, demande, et prix
Le marché
| Qui | Ce qui la détermine | |
|---|---|---|
| Offre | les épargnants | croît avec le taux d’intérêt |
| Demande | les investisseurs | décroît avec le taux d’intérêt |
| Prix | le taux d’intérêt réel | équilibre les deux |
Pourquoi le taux réel, et non le nominal
L’épargnant s’intéresse au pouvoir d’achat qu’il retrouvera, l’emprunteur au coût réel de sa dette.
C’est donc le taux réel — corrigé de l’inflation, comme au chapitre 1 — qui gouverne les deux décisions et équilibre le marché.
Trois politiques, trois effets
Encourager l’épargne
Un avantage fiscal sur l’épargne déplace l’offre vers la droite.
Le taux d’intérêt baisse, l’investissement augmente. Croissance favorisée, mais recettes fiscales réduites, et l’effet empirique sur le taux d’épargne reste modeste.
Encourager l’investissement
Un crédit d’impôt à l’investissement déplace la demande vers la droite.
Le taux d’intérêt monte, l’épargne et l’investissement augmentent tous deux.
Le déficit public et l’effet d’éviction
Un déficit réduit l’épargne publique, donc l’épargne nationale : l’offre de fonds se déplace vers la gauche.
Le taux d’intérêt monte, et l’investissement privé recule.
L’effet d’éviction, et ses limites
Application en gestion
L’éviction est ce recul de l’investissement privé provoqué par l’emprunt public. C’est le principal coût de long terme d’un déficit durable : moins de capital accumulé, donc moins de productivité, donc un niveau de vie plus faible.
Trois nuances, cependant :
- si le déficit finance des infrastructures ou de l’éducation, il crée lui-même du capital ;
- en économie ouverte, l’épargne étrangère peut affluer et atténuer la hausse des taux (chapitre 8) ;
- en récession, avec des ressources inemployées, l’éviction est faible — c’est l’argument du chapitre 10.
Le raisonnement de ce chapitre vaut donc pour le long terme, à ressources pleinement employées.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Cinq points
- Le système financier sélectionne, diversifie et transforme — il ne fait pas que transporter.
- En économie fermée, S = I par construction : c’est une identité, non une théorie.
- L’épargne nationale se décompose en épargne privée et publique.
- Sur le marché des fonds prêtables, le taux d’intérêt réel équilibre offre et demande.
- Un déficit public réduit l’épargne, élève le taux et évince l’investissement privé — à long terme et à plein emploi.
La suite
Épargner, investir, s’endetter : toutes ces décisions comparent des sommes disponibles à des dates différentes.
Le chapitre 4 donne l’outil qui rend cette comparaison possible.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)