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Principes de macroéconomie

Épargne, investissement et système financier

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Principes de macroéconomie

Chapitre 3 : Épargne, investissement et système financier

Auteur·rice
Affiliation

Jaouad Madkour

Faculté d’Économie et de Gestion de Tanger

Date de publication

24 septembre 2026

Le système financier

À quoi il sert

Système financier

Le système financier est l’ensemble des institutions qui dirigent l’épargne des uns vers l’investissement des autres.

Deux grandes voies

Les marchés financiers — l’épargnant finance directement l’entreprise :

  • obligation : un titre de créance, à échéance et intérêt fixés ;
  • action : un titre de propriété, sans garantie, avec droit sur les bénéfices.

Les intermédiaires — banques et fonds collectent puis prêtent, en assumant la transformation des montants et des échéances.

Ce qui distingue une action d’une obligation

Exemple
Obligation Action
Nature créance propriété
Revenu intérêt fixé dividende variable
Risque plus faible plus élevé
En cas de faillite remboursé avant après tous les créanciers

Ce que le système financier produit vraiment

Application en gestion

Il ne se contente pas de transporter de l’argent. Il sélectionne les projets, diversifie les risques, et transforme une épargne liquide en financement long.

Un pays sans système financier fonctionnel peut avoir de l’épargne et pas d’investissement : c’est l’une des explications récurrentes des échecs de rattrapage du chapitre 2.

L’identité comptable

Ce qui est vrai par construction

Le point de départ

Pour une économie fermée, le PIB se décompose en Y = C + I + G

D’où, en isolant l’investissement : I = Y - C - G

Épargne nationale

S = Y - C - G

Donc, par construction : \boxed{\,S = I\,}

En économie fermée, l’épargne nationale égale l’investissement.

Épargne privée et publique

Définition

S = \underbrace{(Y - T - C)}_{\text{privée}} + \underbrace{(T - G)}_{\text{publique}}

où T désigne les impôts nets des transferts.

L’épargne publique est positive en excédent budgétaire, négative en déficit.

Une identité n’est pas une théorie

Intuition

S = I est vrai par définition des grandeurs. Cela ne dit pas que l’épargne cause l’investissement, ni l’inverse.

L’égalité est assurée par l’ajustement d’un prix — le taux d’intérêt — dont le chapitre expose maintenant le marché.

Le marché des fonds prêtables

Offre, demande, et prix

Le marché
Qui Ce qui la détermine
Offre les épargnants croît avec le taux d’intérêt
Demande les investisseurs décroît avec le taux d’intérêt
Prix le taux d’intérêt réel équilibre les deux
Pourquoi le taux réel, et non le nominal

L’épargnant s’intéresse au pouvoir d’achat qu’il retrouvera, l’emprunteur au coût réel de sa dette.

C’est donc le taux réel — corrigé de l’inflation, comme au chapitre 1 — qui gouverne les deux décisions et équilibre le marché.

Trois politiques, trois effets

Encourager l’épargne

Un avantage fiscal sur l’épargne déplace l’offre vers la droite.

Le taux d’intérêt baisse, l’investissement augmente. Croissance favorisée, mais recettes fiscales réduites, et l’effet empirique sur le taux d’épargne reste modeste.

Encourager l’investissement

Un crédit d’impôt à l’investissement déplace la demande vers la droite.

Le taux d’intérêt monte, l’épargne et l’investissement augmentent tous deux.

Le déficit public et l’effet d’éviction

Un déficit réduit l’épargne publique, donc l’épargne nationale : l’offre de fonds se déplace vers la gauche.

Le taux d’intérêt monte, et l’investissement privé recule.

L’effet d’éviction, et ses limites

Application en gestion

L’éviction est ce recul de l’investissement privé provoqué par l’emprunt public. C’est le principal coût de long terme d’un déficit durable : moins de capital accumulé, donc moins de productivité, donc un niveau de vie plus faible.

Trois nuances, cependant :

  • si le déficit finance des infrastructures ou de l’éducation, il crée lui-même du capital ;
  • en économie ouverte, l’épargne étrangère peut affluer et atténuer la hausse des taux (chapitre 8) ;
  • en récession, avec des ressources inemployées, l’éviction est faible — c’est l’argument du chapitre 10.

Le raisonnement de ce chapitre vaut donc pour le long terme, à ressources pleinement employées.

Ce qu’il faut retenir

Le résumé du chapitre

Cinq points
  1. Le système financier sélectionne, diversifie et transforme — il ne fait pas que transporter.
  2. En économie fermée, S = I par construction : c’est une identité, non une théorie.
  3. L’épargne nationale se décompose en épargne privée et publique.
  4. Sur le marché des fonds prêtables, le taux d’intérêt réel équilibre offre et demande.
  5. Un déficit public réduit l’épargne, élève le taux et évince l’investissement privé — à long terme et à plein emploi.
La suite

Épargner, investir, s’endetter : toutes ces décisions comparent des sommes disponibles à des dates différentes.

Le chapitre 4 donne l’outil qui rend cette comparaison possible.

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Ressources du chapitre

  • Diapositives
  • Polycopié du chapitre
  • Exercices corrigés
  • Application interactive
  • — Vidéo
  • QCM (bientôt)

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