Échantillonnage
- Présentation du cours
- Pourquoi sonder ?
- Population, paramètres et plan de sondage
- Estimateur, biais et précision
- Le sondage aléatoire simple
- Proportions, totaux et tirage avec remise
- Choisir la taille de l'échantillon
- Le sondage stratifié
- L'allocation optimale et l'effet de plan
- Le sondage systématique
- Le sondage par grappes
- Le sondage à deux degrés
- Les probabilités inégales
- L'estimateur par le ratio
- Régression, post-stratification et calage
- La non-réponse et le redressement
- Mise en œuvre sur R et Python
Échantillonnage · Chapitre 2
Estimateur, biais et précision
L’estimateur de Horvitz-Thompson
Pondérer par l’inverse de la probabilité
L’estimateur de Horvitz-Thompson du total
\widehat{Y}_{HT} = \sum_{k \in S} \frac{y_k}{\pi_k} = \sum_{k \in S} d_k\, y_k = \sum_{k \in U} I_k\, \frac{y_k}{\pi_k} Chaque unité tirée compte pour son poids d_k = 1/\pi_k (chapitre 1). La dernière écriture fait apparaître les indicatrices I_k : seules les unités tirées contribuent.
Un ménage tiré en représente plusieurs
Un ménage tiré avec la probabilité 0{,}1 représente 10 ménages : sa dépense est comptée 10 fois. Un ménage tiré avec la probabilité 1/2 n’en représente que 2. Les unités rarement tirées comptent davantage quand elles le sont : c’est ce qui compense leur rareté.
Sans biais, quel que soit le plan
La démonstration en une ligne
Les y_k/\pi_k sont des nombres fixes, et E(I_k) = \pi_k : E(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_{k \in U} E(I_k)\,\frac{y_k}{\pi_k} = \sum_{k \in U} \pi_k\,\frac{y_k}{\pi_k} = \sum_{k \in U} y_k = Y Seule l’espérance des I_k intervient : le résultat vaut pour tout plan, à une condition, \pi_k > 0 pour chaque unité de U.
Une unité oubliée ne se rattrape pas
Si \pi_k = 0, l’unité k disparaît de la somme : E(\widehat{Y}_{HT}) = Y - \sum_{\pi_k = 0} y_k. Une base de sondage qui omet les 134 ménages des quatre districts ruraux d’Al Hoceïma fait estimer, en moyenne, Y - 739\,640 dh : 4{,}7\,\% de moins que le vrai total, quelle que soit la taille de l’échantillon.
Démonstration : L’estimateur de Horvitz-Thompson est sans biais
L’écriture avec les indicatrices. Dans \sum_{k \in S} y_k/\pi_k, une unité figure si elle est tirée, et pas sinon : c’est exactement ce que dit l’indicatrice I_k, qui vaut 1 si k \in S et 0 sinon. Donc \widehat{Y}_{HT} = \sum_{k \in S}\frac{y_k}{\pi_k} = \sum_{k \in U} I_k\,\frac{y_k}{\pi_k}. L’espérance. Les y_k/\pi_k sont des nombres fixes : seul I_k est aléatoire. L’espérance d’une somme finie est la somme des espérances, et E(I_k) = \pi_k (chapitre 1) : E(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_{k \in U} E(I_k)\,\frac{y_k}{\pi_k} = \sum_{k \in U} \pi_k\,\frac{y_k}{\pi_k} = \sum_{k \in U} y_k = Y. La simplification de \pi_k par \pi_k n’est possible que si \pi_k > 0 : c’est la condition du théorème. Si l’unité k a \pi_k = 0, elle ne figure jamais dans l’échantillon, son terme n’apparaît pas dans \widehat{Y}_{HT}, et E(\widehat{Y}_{HT}) = Y - \sum_{k\,:\,\pi_k = 0} y_k. Remarquons que rien n’a été supposé sur le plan : ni la taille de l’échantillon, ni l’indépendance des tirages, ni l’égalité des probabilités.
Le plan aléatoire simple. Ici \pi_k = n/N pour toute unité, donc \widehat{Y}_{HT} = \frac Nn\sum_{k \in S} y_k = N\,\overline{y}, et \widehat{\overline{Y}}_{HT} = \widehat{Y}_{HT}/N = \overline{y}. La moyenne d’échantillon est sans biais pour la moyenne de la population.
Ce que cela dit. Le poids d_k = 1/\pi_k compense exactement la rareté de l’unité k : elle est tirée une fois sur 1/\pi_k en moyenne, et compte alors pour 1/\pi_k. Et la condition \pi_k > 0 n’est pas un détail : c’est le défaut de la base de sondage. Avec les 134 ménages des quatre districts ruraux d’Al Hoceïma absents de la liste, l’estimateur manque en moyenne 739\,640 dh, soit 4{,}7\,\% du total, quelle que soit la taille de l’échantillon.
La moyenne, et l’aléatoire simple
Estimer la moyenne
Quand N est connu, \widehat{\overline{Y}}_{HT} = \widehat{Y}_{HT}/N est sans biais pour \overline{Y}. Pour un sondage aléatoire simple, \pi_k = n/N et \widehat{Y}_{HT} = \frac{N}{n}\sum_{k \in S} y_k = N\,\overline{y}, \qquad \widehat{\overline{Y}}_{HT} = \overline{y} La moyenne d’échantillon est l’estimateur de Horvitz-Thompson de ce plan : elle est sans biais.
Mini-population : deux ménages sur cinq
\pi_k = 0{,}4 et d_k = 2{,}5. Échantillon \{A, E\} : \widehat{Y}_{HT} = 2{,}5 \times (4 + 14) = 45 milliers de dh, soit une moyenne de 9. Les dix échantillons donnent 25 ; 27{,}5 ; 32{,}5 ; 45 ; 32{,}5 ; 37{,}5 ; 50 ; 40 ; 52{,}5 ; 57{,}5, de moyenne exactement Y = 40.
Le plan un ménage par groupe
Un ménage parmi A, B, C, un ménage parmi D, E
\pi_A = \pi_B = \pi_C = 1/3 et \pi_D = \pi_E = 1/2, d’où \widehat{Y}_{HT} = 3\,y_1 + 2\,y_2, où y_1 vient du premier groupe.
| Échantillon | AD | AE | BD | BE | CD | CE |
|---|---|---|---|---|---|---|
| \widehat{Y}_{HT} | 30 | 40 | 36 | 46 | 39 | 49 |
Chaque échantillon a la probabilité 1/6 : E(\widehat{Y}_{HT}) = 240/6 = 40 = Y.
La moyenne pondérée du chapitre 1
Divisé par N = 5 : \widehat{\overline{Y}}_{HT} = \frac35\,y_1 + \frac25\,y_2. C’est la moyenne pondérée que le chapitre 1 avait construite « à la main ». L’estimateur de Horvitz-Thompson la retrouve automatiquement, à partir des seuls \pi_k.
Sur la population du cours
Un tirage de 50 ménages par province
| Province | d_k = N_h/50 | W_h = N_h/N | Moyenne \overline{y}_h |
|---|---|---|---|
| Tanger-Assilah | 16{,}4 | 0{,}41 | 9\,030{,}4 |
| Tétouan | 11{,}2 | 0{,}28 | 7\,121{,}6 |
| Larache | 7{,}6 | 0{,}19 | 7\,551{,}0 |
| Al Hoceïma | 4{,}8 | 0{,}12 | 6\,137{,}4 |
\widehat{Y}_{HT} = \sum_{k \in S} d_k\,y_k = \sum_h N_h\,\overline{y}_h = 15\,735\,380 dh, soit \widehat{\overline{Y}}_{HT} = \sum_h W_h\,\overline{y}_h = 7\,867{,}69 dh.
Les poids font le travail
Moyenne brute des 200 ménages : 7\,460{,}1 dh, contre \overline{Y} = 7\,911{,}44. L’écart de l’estimation pondérée, -44 dh, vient du hasard ; celui de la brute est surtout systématique : on le mesurera plus loin.
La variance de l’estimateur
La formule générale
Variance de l’estimateur de Horvitz-Thompson
V(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_{k \in U}\sum_{l \in U} \Delta_{kl}\,\frac{y_k}{\pi_k}\,\frac{y_l}{\pi_l}, \qquad \Delta_{kl} = \pi_{kl} - \pi_k\,\pi_l, \quad \Delta_{kk} = \pi_k\,(1 - \pi_k)
La démonstration
Posons a_k = y_k/\pi_k, un nombre fixe. \widehat{Y}_{HT} = \sum_k I_k\,a_k est une somme de variables aléatoires, dont la variance est la somme de toutes les covariances : V\Big(\sum_k I_k\,a_k\Big) = \sum_k \sum_l a_k\,a_l\,\mathrm{Cov}(I_k, I_l) \quad\text{et}\quad \mathrm{Cov}(I_k, I_l) = \Delta_{kl} d’après le chapitre 1 ; pour k = l, \mathrm{Cov}(I_k, I_k) = V(I_k) = \pi_k(1 - \pi_k).
Démonstration : La variance de l’estimateur de Horvitz-Thompson
Posons a_k = y_k/\pi_k (un nombre fixe), de sorte que \widehat{Y}_{HT} = \sum_k a_k\,I_k et, d’après la démonstration précédente, E(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_k a_k\,\pi_k. L’écart à l’espérance s’écrit \widehat{Y}_{HT} - E(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_{k \in U} a_k\,(I_k - \pi_k). Élevons au carré : le carré d’une somme est la somme de tous les produits deux à deux, k et l parcourant chacun U (le produit (k, l) et le produit (l, k) sont comptés tous les deux) : \Big(\sum_k a_k\,(I_k - \pi_k)\Big)^2 = \sum_{k \in U}\sum_{l \in U} a_k\,a_l\,(I_k - \pi_k)(I_l - \pi_l). Prenons l’espérance. Les a_k sont fixes, et E\big[(I_k - \pi_k)(I_l - \pi_l)\big] = \mathrm{Cov}(I_k, I_l) : V(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_{k \in U}\sum_{l \in U} a_k\,a_l\,\mathrm{Cov}(I_k, I_l). Il reste à nommer la covariance. Pour k \neq l, c’est \pi_{kl} - \pi_k\pi_l = \Delta_{kl} ; pour k = l, c’est V(I_k) = \pi_k(1 - \pi_k), c’est-à-dire \Delta_{kk} avec la convention \pi_{kk} = \pi_k. D’où la formule annoncée.
Ce que cela dit. La variance ne dépend du plan que par les nombres \Delta_{kl} : les probabilités d’inclusion simples et doubles résument tout ce que le plan a d’utile pour la précision. Les y_k n’interviennent que par les rapports y_k/\pi_k.
La forme de Sen-Yates-Grundy
Pour un plan de taille fixe
V(\widehat{Y}_{HT}) = \frac12 \sum_{k \in U}\sum_{l \neq k} \left(\pi_k\,\pi_l - \pi_{kl}\right) \left(\frac{y_k}{\pi_k} - \frac{y_l}{\pi_l}\right)^2 Elle est nulle si y_k/\pi_k est le même pour toutes les unités, c’est-à-dire si \pi_k est proportionnel à y_k : tirer plus souvent les grandes unités peut rendre l’estimateur très précis (chapitre 11).
D’où elle vient
Si n = \sum_l I_l est fixe, \mathrm{Cov}(I_k, n) = 0, donc \sum_l \Delta_{kl} = 0 et \Delta_{kk} = -\sum_{l \neq k} \Delta_{kl}. En remplaçant les termes diagonaux : V = -\sum_k\sum_{l \neq k} \Delta_{kl}\,a_k^2 + \sum_k\sum_{l \neq k} \Delta_{kl}\,a_k\,a_l = -\frac12 \sum_k\sum_{l \neq k} \Delta_{kl}\,(a_k - a_l)^2
Démonstration : La forme de Sen-Yates-Grundy
Première étape : les covariances d’une unité s’annulent. Si la taille n = \sum_l I_l est fixe, c’est une constante, donc \mathrm{Cov}(I_k, n) = 0. Par bilinéarité de la covariance, \mathrm{Cov}(I_k, n) = \sum_{l \in U}\mathrm{Cov}(I_k, I_l) = \sum_{l \in U}\Delta_{kl}. Ainsi \sum_{l \in U}\Delta_{kl} = 0 \qquad\text{donc}\qquad \Delta_{kk} = -\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}. Deuxième étape : on remplace les termes diagonaux. Dans la formule générale, séparons l = k et l \neq k, puis remplaçons \Delta_{kk} : V = \sum_k \Delta_{kk}\,a_k^2 + \sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,a_k\,a_l = -\sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,a_k^2 + \sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,a_k\,a_l. Troisième étape : on symétrise. Comme \Delta_{kl} = \Delta_{lk}, échanger les noms k et l dans la première somme donne \sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,a_k^2 = \sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,a_l^2. Elle est donc aussi égale à la moyenne des deux écritures, \frac12\sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,(a_k^2 + a_l^2), et V = -\frac12\sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,\big(a_k^2 + a_l^2 - 2\,a_k\,a_l\big) = -\frac12\sum_k\sum_{l \neq k}\Delta_{kl}\,(a_k - a_l)^2. Comme -\Delta_{kl} = \pi_k\pi_l - \pi_{kl}, c’est la formule de Sen-Yates-Grundy.
Ce que cela dit. La variance est une somme de carrés d’écarts entre unités : elle s’annule si tous les y_k/\pi_k sont égaux, c’est-à-dire si \pi_k est proportionnel à y_k. L’hypothèse de taille fixe a servi une seule fois, à la première étape ; sans elle, il faut la formule générale.
Vérification sur l’aléatoire simple
Deux ménages sur cinq
\pi_k = 0{,}4, \pi_{kl} = 0{,}1, donc \pi_k\,\pi_l - \pi_{kl} = 0{,}16 - 0{,}1 = 0{,}06. Les y_k/\pi_k valent 10 ; 15 ; 17{,}5 ; 22{,}5 ; 35. Chaque paire apparaît deux fois dans la double somme, d’où V(\widehat{Y}_{HT}) = 0{,}06 \sum_{k < l} \left(\frac{y_k}{\pi_k} - \frac{y_l}{\pi_l}\right)^2 = 0{,}06 \times 1\,812{,}5 = 108{,}75
Trois calculs, un seul résultat
- Variance des dix totaux de l’énumération : 108{,}75.
- Formule du chapitre 3 : N^2\,(1 - f)\,S^2/n = 25 \times 4{,}35 = 108{,}75.
- Pour la moyenne, on divise par N^2 = 25 : V(\overline{y}) = 4{,}35.
Vérification sur le plan par groupes
Deux groupes, des probabilités doubles nulles
- Même groupe : \pi_{AB} = 0, donc \Delta_{AB} = -\tfrac19 ; \pi_{DE} = 0, donc \Delta_{DE} = -\tfrac14.
- Groupes différents : \pi_{AD} = \tfrac16 = \tfrac13 \times \tfrac12, donc \Delta_{AD} = 0.
Les y_k/\pi_k valent 12 ; 18 ; 21 dans le premier groupe, 18 ; 28 dans le second : V(\widehat{Y}_{HT}) = \tfrac19\left[6^2 + 9^2 + 3^2\right] + \tfrac14 \times 10^2 = 14 + 25 = 39
L’énumération confirme
Les six totaux 30 ; 40 ; 36 ; 46 ; 39 ; 49 s’écartent de 40 de -10 ; 0 ; -4 ; 6 ; -1 ; 9. Somme des carrés : 234, et 234/6 = 39.
Deux plans, deux précisions
Même taille, variance presque trois fois plus faible
Avec deux ménages dans les deux cas, la variance tombe de 108{,}75 à 39. Le plan par groupes interdit les échantillons extrêmes, \{A, B\} ou \{D, E\} : il associe toujours un petit budget à un grand. C’est le principe de la stratification (chapitre 6).
Estimer la variance
L’estimateur de la variance
Deux estimateurs sans biais
\widehat{V}(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_{k \in S}\sum_{l \in S} \frac{\Delta_{kl}}{\pi_{kl}}\,\frac{y_k}{\pi_k}\,\frac{y_l}{\pi_l} \qquad (\pi_{kk} = \pi_k) et, pour un plan de taille fixe, la forme de Sen-Yates-Grundy : \widehat{V}_{SYG} = \frac12 \sum_{k \in S}\sum_{l \in S,\, l \neq k} \frac{\pi_k\,\pi_l - \pi_{kl}}{\pi_{kl}} \left(\frac{y_k}{\pi_k} - \frac{y_l}{\pi_l}\right)^2
Le même argument que pour le total
Chaque terme de V concerne une paire (k, l) ; la paire est observée avec la probabilité E(I_k I_l) = \pi_{kl}. On divise donc chaque terme par \pi_{kl}, comme on divisait y_k par \pi_k. Condition : \pi_{kl} > 0 pour toutes les paires.
Démonstration : L’estimateur de la variance est sans biais
Posons encore a_k = y_k/\pi_k. Comme pour le total, on écrit la somme sur l’échantillon comme une somme sur la population, en faisant apparaître l’indicatrice de chaque paire. L’indicatrice de « k et l sont tous deux tirés » est I_k\,I_l (et I_k\,I_k = I_k pour l = k), d’où \widehat{V}(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_{k \in S}\sum_{l \in S}\frac{\Delta_{kl}}{\pi_{kl}}\,a_k\,a_l = \sum_{k \in U}\sum_{l \in U} I_k\,I_l\,\frac{\Delta_{kl}}{\pi_{kl}}\,a_k\,a_l. Les nombres \Delta_{kl}\,a_k\,a_l/\pi_{kl} sont fixes, et E(I_k\,I_l) = \pi_{kl} (avec \pi_{kk} = \pi_k). Donc E\big(\widehat{V}\big) = \sum_{k \in U}\sum_{l \in U}\pi_{kl}\,\frac{\Delta_{kl}}{\pi_{kl}}\,a_k\,a_l = \sum_{k \in U}\sum_{l \in U}\Delta_{kl}\,a_k\,a_l = V(\widehat{Y}_{HT}). Le même argument s’applique à la forme de Sen-Yates-Grundy : chaque terme \frac12(\pi_k\pi_l - \pi_{kl})(a_k - a_l)^2 de la variance est divisé par \pi_{kl} et multiplié par I_k I_l, dont l’espérance est \pi_{kl}.
Ce que cela dit. La division par \pi_{kl} joue pour les paires le rôle que la division par \pi_k jouait pour les unités : elle compense la probabilité d’observer la paire. Elle exige \pi_{kl} > 0 : une paire qui ne peut jamais être tirée ne peut pas être « remontée » par un poids.
Vérification sur la mini-population
Les dix estimations de la variance
Pour l’aléatoire simple, (\pi_k\pi_l - \pi_{kl})/\pi_{kl} = 0{,}6 : \widehat{V} = 0{,}6 \times (2{,}5\,y_k - 2{,}5\,y_l)^2 = 3{,}75\,(y_k - y_l)^2.
| Échantillon | AB | AC | AD | AE | BC |
|---|---|---|---|---|---|
| \widehat{V} | 15 | 33{,}75 | 93{,}75 | 375 | 3{,}75 |
| Échantillon | BD | BE | CD | CE | DE |
| \widehat{V} | 33{,}75 | 240 | 15 | 183{,}75 | 93{,}75 |
Moyenne des dix : 1\,087{,}5/10 = 108{,}75 = V(\widehat{Y}_{HT}).
Sans biais, mais très dispersé
Les estimations vont de 3{,}75 à 375 : avec deux unités, la variance est mal connue. Pour l’aléatoire simple, la formule se réduit à N^2\,(1 - f)\,s^2/n ; le chapitre 3 l’exploitera avec n = 200.
Quand la variance ne s’estime pas
Le plan par groupes ne voit jamais deux ménages d’un même groupe
\pi_{AB} = \pi_{AC} = \pi_{BC} = \pi_{DE} = 0 : aucun échantillon ne renseigne sur la dispersion à l’intérieur d’un groupe, celle qui fait la variance. Les deux estimateurs échouent : \widehat{V} vaut 479 en moyenne, \widehat{V}_{SYG} vaut toujours 0, contre V = 39.
Démonstration : Pourquoi les deux estimateurs échouent sous le plan par groupes
Les a_k = y_k/\pi_k valent 12, 18, 21 pour A, B, C et 18, 28 pour D, E. Un échantillon contient toujours un ménage de chaque groupe : deux ménages de groupes différents.
Les paires observées ont \Delta_{kl} = 0. Pour k et l de groupes différents, \pi_{kl} = \frac13\times\frac12 = \pi_k\pi_l, donc \Delta_{kl} = 0 et \pi_k\pi_l - \pi_{kl} = 0. Dans l’estimateur général, il ne reste que les termes diagonaux \Delta_{kk}/\pi_k = 1 - \pi_k ; dans la forme de Sen-Yates-Grundy, tous les termes sont nuls : \widehat{V}_{SYG} = 0 \text{ pour tout échantillon}, \qquad \widehat{V} = \sum_{k \in S}(1 - \pi_k)\,a_k^2. L’espérance de \widehat{V}. Chaque ménage est tiré avec la probabilité \pi_k, donc E(\widehat{V}) = \sum_{k \in U}\pi_k(1-\pi_k)\,a_k^2 = \tfrac29\,(144 + 324 + 441) + \tfrac14\,(324 + 784) = 202 + 277 = 479. Ce qui manque. La vraie variance contient aussi les paires du même groupe, avec \Delta_{AB} = \Delta_{AC} = \Delta_{BC} = -\frac19 et \Delta_{DE} = -\frac14 ; chaque paire compte deux fois dans la double somme : 2 \times \left(-\tfrac19\right)(12\times18 + 12\times21 + 18\times21) + 2\times\left(-\tfrac14\right)(18\times28) = -188 - 252 = -440. D’où V = 479 - 440 = 39. Ces paires ont \pi_{kl} = 0 : on ne les voit jamais, et aucune pondération ne remplace ce qu’on n’observe pas.
Ce que cela dit. Le plan est excellent pour estimer le total (variance 39 contre 108{,}75), mais il ne contient aucun échantillon qui informe sur la dispersion à l’intérieur d’un groupe : celle-là seule fait la variance.
Un problème qui reviendra
Le tirage systématique (chapitre 8) et les plans à une seule unité par strate ont des \pi_{kl} nuls : leur estimateur reste sans biais, mais sa variance ne peut qu’être approchée. Un bon plan permet de mesurer sa propre précision.
Biais, variance et erreur quadratique
Trois mesures de la qualité
Biais, variance, erreur quadratique moyenne
Pour un estimateur \widehat{\theta} d’un paramètre \theta : B(\widehat{\theta}) = E(\widehat{\theta}) - \theta \qquad\qquad V(\widehat{\theta}) = E\big[(\widehat{\theta} - E\widehat{\theta})^2\big] EQM(\widehat{\theta}) = E\big[(\widehat{\theta} - \theta)^2\big] = V(\widehat{\theta}) + B(\widehat{\theta})^2
La démonstration
On écrit \widehat{\theta} - \theta = (\widehat{\theta} - E\widehat{\theta}) + B, où B est un nombre fixe. En élevant au carré puis en prenant l’espérance, le double produit 2B\,E(\widehat{\theta} - E\widehat{\theta}) est nul, car E(\widehat{\theta} - E\widehat{\theta}) = 0. Il reste V + B^2.
Démonstration : Erreur quadratique moyenne égale variance plus biais au carré
Notons \mu = E(\widehat{\theta}) et B = \mu - \theta (un nombre fixe). On ajoute et retranche \mu : \widehat{\theta} - \theta = (\widehat{\theta} - \mu) + (\mu - \theta) = (\widehat{\theta} - \mu) + B. En élevant au carré : (\widehat{\theta} - \theta)^2 = (\widehat{\theta} - \mu)^2 + 2B\,(\widehat{\theta} - \mu) + B^2. Prenons l’espérance, terme à terme. E\big[(\widehat{\theta} - \mu)^2\big] = V(\widehat{\theta}) par définition. B est une constante, donc E\big[2B(\widehat{\theta} - \mu)\big] = 2B\,\big(E(\widehat{\theta}) - \mu\big) = 0. Il reste EQM(\widehat{\theta}) = V(\widehat{\theta}) + B^2. Ce que cela dit. Biais et variance s’additionnent sans terme croisé : on peut les étudier séparément, puis les sommer. Un estimateur sans biais a pour EQM sa variance ; un estimateur biaisé n’est pas pour autant condamné, si sa variance est assez faible (voir ci-dessous).
Les cibles
Lire les quatre cibles
Le centre est le paramètre ; chaque point est l’estimation d’un échantillon. Le biais est le décalage du nuage, la variance sa dispersion, l’EQM la distance moyenne au centre, au carré. Un estimateur biaisé mais précis peut tomber plus près, en moyenne, qu’un estimateur sans biais très dispersé.
Brute ou pondérée sous le plan par groupes
Trois estimateurs de la moyenne, n = 2
| Estimateur | Espérance | Biais | Variance | EQM |
|---|---|---|---|---|
| Aléatoire simple, \overline{y} | 8 | 0 | 4{,}35 | 4{,}35 |
| Groupes, moyenne brute | 8{,}58 | 0{,}58 | 1{,}95 | 2{,}29 |
| Groupes, HT pondérée | 8 | 0 | 1{,}56 | 1{,}56 |
\overline{Y} = 8. Brute : E = 51{,}5/6 ; EQM = 1{,}95 + 0{,}58^2 = 2{,}29. Pondérée : V = 39/25 = 1{,}56.
Deux leçons
Sous le plan par groupes, la pondération supprime le biais et réduit la variance. Et la moyenne brute, pourtant biaisée, fait mieux que l’aléatoire simple sans biais : 2{,}29 contre 4{,}35. Le biais n’est pas tout ; c’est l’EQM qui mesure l’erreur.
Démonstration : Les trois lignes du tableau
On a \overline{Y} = 8. Chaque plan est énuméré : dix échantillons de probabilité \frac1{10} pour l’aléatoire simple, six de probabilité \frac16 pour le plan par groupes.
Aléatoire simple, \overline{y}. Sans biais, donc EQM = V. La variance du total est 108{,}75 (démontrée plus haut par la formule générale, retrouvée sur les dix échantillons) ; celle de la moyenne s’obtient en divisant par N^2 = 25 : 108{,}75/25 = 4{,}35.
Groupes, moyenne brute. Les six moyennes sont 6{,}5\,;\ 9\,;\ 7{,}5\,;\ 10\,;\ 8\,;\ 10{,}5. Leur espérance est \frac{51{,}5}{6} = 8{,}583, d’où un biais de 0{,}583. La moyenne de leurs carrés est \frac{453{,}75}{6} = 75{,}625, donc V = 75{,}625 - 8{,}583^2 = 1{,}951, \qquad EQM = V + B^2 = 1{,}951 + 0{,}340 = 2{,}292. Groupes, moyenne pondérée de Horvitz-Thompson. Les six valeurs sont 6\,;\ 8\,;\ 7{,}2\,;\ 9{,}2\,;\ 7{,}8\,;\ 9{,}8. Leur espérance est 8 (aucun biais) et les écarts à 8 sont -2\,;\ 0\,;\ -0{,}8\,;\ 1{,}2\,;\ -0{,}2\,;\ 1{,}8, de carrés 4 + 0 + 0{,}64 + 1{,}44 + 0{,}04 + 3{,}24 = 9{,}36 : V = EQM = \frac{9{,}36}{6} = 1{,}56 = \frac{39}{25}. Ce que cela dit. Le classement par EQM est 1{,}56 < 2{,}29 < 4{,}35. La moyenne brute, biaisée, bat l’aléatoire simple parce que le plan par groupes interdit les échantillons extrêmes ; la pondérée garde cet avantage et supprime le biais.
Sur la population du cours
Quatre mille tirages de 200 ménages pour chaque estimateur
Les deux estimateurs de Horvitz-Thompson sont centrés sur \overline{Y}. La moyenne brute du plan à 50 ménages par province est la plus resserrée, mais centrée sur 7\,500 dh.
Le biais ne diminue pas avec n
Valeurs exactes, en dh
| Plan et estimateur | n | Biais | Écart-type | \sqrt{EQM} |
|---|---|---|---|---|
| Aléatoire simple | 200 | 0 | 267{,}3 | 267{,}3 |
| 50 par province, HT | 200 | 0 | 298{,}4 | 298{,}4 |
| 50 par province, brute | 200 | -411{,}1 | 246{,}6 | 479{,}4 |
| 200 par province, brute | 800 | -411{,}1 | 98{,}4 | 422{,}7 |
Plus de ménages ne corrige pas un biais
Quadrupler l’échantillon divise l’écart-type de la moyenne brute par 2{,}5, mais laisse le biais intact : il représente 74\,\% de l’EQM avec 200 ménages, 95\,\% avec 800. Au-delà d’une certaine taille, seul le biais compte : c’est la leçon du Literary Digest.
Démonstration : Le biais ne dépend pas de la taille de l’échantillon
Soit m ménages tirés par sondage aléatoire simple dans chacune des H provinces, indépendamment. D’après la démonstration du chapitre 1, l’espérance de la moyenne brute est \frac1H\sum_h\overline{Y}_h, quel que soit m : le biais B = \frac1H\sum_h\overline{Y}_h - \overline{Y} ne contient pas m. Pour les provinces du cours, B = 7\,500{,}29 - 7\,911{,}44 = -411{,}1 dh, que l’on tire 50 ou 200 ménages par province.
La variance, elle, dépend de m. Dans chaque province, la moyenne \overline{y}_h est celle d’un sondage aléatoire simple de m ménages parmi N_h : sa variance est (1 - m/N_h)\,S_h^2/m (chapitre 3). Les provinces étant tirées indépendamment, les variances s’ajoutent, et chaque moyenne \overline{y}_h pèse \frac1H : V(\overline{y}_{\text{brute}}) = \frac{1}{H^2}\sum_{h=1}^{H}\left(1 - \frac{m}{N_h}\right)\frac{S_h^2}{m}. Avec S_h = 4\,271, 3\,873, 3\,593 et 2\,900 dh, cela donne un écart-type de 246{,}6 dh pour m = 50 et de 98{,}4 dh pour m = 200.
L’EQM. En utilisant EQM = V + B^2 : \sqrt{EQM} = \sqrt{246{,}6^2 + 411{,}1^2} = 479{,}4 \quad(m = 50), \qquad \sqrt{98{,}4^2 + 411{,}1^2} = 422{,}7 \quad(m = 200). Le carré du biais représente \dfrac{411{,}1^2}{479{,}4^2} = 74\,\% de l’EQM pour m = 50 et \dfrac{411{,}1^2}{422{,}7^2} = 95\,\% pour m = 200.
Ce que cela dit. Quadrupler m divise la variance par un facteur voisin de 4 (un peu plus, par la correction de population finie) mais ne touche pas au biais : l’EQM tend vers B^2, et il n’y a plus rien à gagner à interroger davantage de ménages avec une mauvaise pondération.
L’intervalle de confiance
L’approximation normale
Intervalle de confiance à 95 pour cent
Quand n est grand, \widehat{Y}_{HT} suit approximativement une loi normale (théorème central limite, chapitre 20 de Probabilités ; Statistique inférentielle, chapitres 8 à 10) : \left[\,\widehat{Y}_{HT} - 1{,}96\,\sqrt{\widehat{V}}\;;\;\widehat{Y}_{HT} + 1{,}96\,\sqrt{\widehat{V}}\,\right] Pour la moyenne, on divise les bornes par N.
L’échantillon fil rouge : aléatoire simple de 200 ménages
\overline{y} = 7\,843{,}05 dh, s = 3\,829{,}16 dh, erreur-type estimée \sqrt{(1 - f)\,s^2/n} = 256{,}87 dh : \text{IC}_{95\,\%}(\overline{Y}) = 7\,843{,}05 \pm 1{,}96 \times 256{,}87 = [\,7\,339{,}6\;;\;8\,346{,}5\,] Total : \widehat{Y}_{HT} = 2\,000 \times 7\,843{,}05 = 15\,686\,100 dh, intervalle [\,14\,679\,178\;;\;16\,693\,022\,].
Cent échantillons, cent intervalles
L’intervalle bouge, le paramètre reste
Chaque segment est l’intervalle à 95\,\% d’un échantillon de 200 ménages. Six d’entre eux, en orange, manquent \overline{Y} : on en attendait environ cinq.
La lecture correcte
Ce que garantit le niveau de confiance
Avant le tirage, l’intervalle est aléatoire : la probabilité qu’il contienne \overline{Y} vaut environ 0{,}95. Le niveau de confiance qualifie la méthode : sur un grand nombre d’échantillons, 95\,\% des intervalles contiennent \overline{Y}.
Une phrase à ne pas écrire
« Il y a 95\,\% de chances que \overline{Y} soit entre 7\,339{,}6 et 8\,346{,}5 » est faux : une fois l’échantillon tiré, l’intervalle et \overline{Y} sont deux choses fixes. Ou bien il le contient, ou bien non. Ici il le contient (7\,911{,}44) ; l’enquêteur, lui, ne le saura jamais.
La couverture simulée
Cinq mille sondages aléatoires simples
| Taille n | 50 | 200 | 800 |
|---|---|---|---|
| Couverture | 0{,}9420 | 0{,}9424 | 0{,}9512 |
La couverture est la part des intervalles qui contiennent \overline{Y}. Avec n = 200 : 288 échecs, dont 188 intervalles trop bas et 100 trop hauts. L’écart à 0{,}95 vaut 2{,}5 erreurs-types de simulation (0{,}0031) : il est réel.
Pourquoi un peu moins de 95
La dépense est asymétrique : quelques ménages dépensent beaucoup. Un échantillon qui en contient peu a une moyenne basse et un s faible : son intervalle est trop court précisément quand il est décalé. L’approximation normale s’améliore quand n grandit.
Le coefficient de variation
Une précision relative
CV(\widehat{\theta}) = \frac{\sqrt{V(\widehat{\theta})}}{\theta}, \qquad \text{estimé par } \frac{\sqrt{\widehat{V}}}{\widehat{\theta}} Sans unité, il est le même pour le total et pour la moyenne (\widehat{Y}_{HT} = N\,\widehat{\overline{Y}}_{HT}). La marge à 95\,\% vaut environ 2\,CV en valeur relative.
Dépense moyenne, aléatoire simple
| Taille n | 50 | 200 | 1\,000 |
|---|---|---|---|
| Erreur-type de \overline{y} | 556{,}38 | 267{,}27 | 89{,}09 |
| CV | 7{,}0\,\% | 3{,}4\,\% | 1{,}1\,\% |
Fil rouge : CV estimé = 256{,}87/7\,843{,}05 = 3{,}3\,\%, marge relative \pm 6{,}4\,\%.
S’entraîner
Exercice 1 : un plan à probabilités inégales
Trois unités, trois échantillons
Une population compte trois unités, de valeurs y_1 = 10, y_2 = 21 et y_3 = 40 (Y = 71). Un plan de taille 2 donne aux échantillons \{1,2\}, \{1,3\} et \{2,3\} les probabilités 0{,}2, 0{,}3 et 0{,}5.
- Calculer les \pi_k et vérifier que leur somme vaut n.
- Calculer \widehat{Y}_{HT} pour chaque échantillon, puis son espérance.
- Calculer V(\widehat{Y}_{HT}).
- On propose plutôt N\,\overline{y} = 3\,\overline{y}. Calculer son biais, sa variance et son EQM. Conclure.
Exercice 1 : solution
Horvitz-Thompson
- \pi_1 = 0{,}2 + 0{,}3 = 0{,}5 ; \pi_2 = 0{,}2 + 0{,}5 = 0{,}7 ; \pi_3 = 0{,}3 + 0{,}5 = 0{,}8 ; somme 2 = n.
- y_k/\pi_k : 20 ; 30 ; 50. D’où \widehat{Y}_{HT} = 50 ; 70 ; 80 et E = 0{,}2 \times 50 + 0{,}3 \times 70 + 0{,}5 \times 80 = 71 = Y.
- E(\widehat{Y}_{HT}^2) = 0{,}2 \times 2\,500 + 0{,}3 \times 4\,900 + 0{,}5 \times 6\,400 = 5\,170 ; V = 5\,170 - 71^2 = 129.
La moyenne brute extrapolée
- 3\,\overline{y} vaut 46{,}5 ; 75 ; 91{,}5. E = 77{,}55, biais +6{,}55 : l’unité 3, la plus grande, est tirée quatre fois sur cinq. V = 6\,306{,}075 - 77{,}55^2 = 292{,}07 et EQM = 292{,}07 + 6{,}55^2 = 334{,}98, contre 129 : Horvitz-Thompson l’emporte sur les deux tableaux.
Exercice 2 : variance et estimation de la variance
Les quatre boutiques du chapitre 1
Les chiffres d’affaires sont 2, 5, 8 et 9 milliers de dh (S^2 = 10) ; on en tire deux par sondage aléatoire simple.
- Calculer \pi_k, \pi_{kl}, \pi_k\pi_l - \pi_{kl} et les y_k/\pi_k.
- Calculer V(\widehat{Y}_{HT}) par la forme de Sen-Yates-Grundy ; comparer à N^2(1 - f)\,S^2/n.
- Calculer \widehat{V}_{SYG} pour chacun des six échantillons. Vérifier qu’il est sans biais.
Exercice 2 : solution
La variance
- \pi_k = 0{,}5, \pi_{kl} = 1/6, \pi_k\pi_l - \pi_{kl} = \tfrac14 - \tfrac16 = \tfrac1{12} ; y_k/\pi_k : 4 ; 10 ; 16 ; 18.
- Carrés des écarts sur les six paires : 36 ; 144 ; 196 ; 36 ; 64 ; 4, de somme 480. V = \tfrac1{12} \times 480 = 40, et 16 \times 0{,}5 \times 10/2 = 40.
Son estimation
- Une seule paire par échantillon, et \tfrac{1/12}{1/6} = 0{,}5 : \widehat{V}_{SYG} = 0{,}5\,(a_k - a_l)^2. Pour \{2,5\}, \{2,8\}, \{2,9\}, \{5,8\}, \{5,9\}, \{8,9\} : 18 ; 72 ; 98 ; 18 ; 32 ; 2. Moyenne : 240/6 = 40 = V.
Exercice 3 : un sondage de 400 ménages
Intervalle, coefficient de variation et EQM
Un sondage aléatoire simple de 400 ménages de la population du cours donne \overline{y} = 7\,952 dh et s = 4\,074 dh.
- Calculer l’erreur-type estimée \sqrt{(1 - f)\,s^2/n}, l’intervalle de confiance à 95\,\% et le CV.
- Vrai ou faux : « il y a 95\,\% de chances que \overline{Y} soit dans cet intervalle » ?
- Un plan moins coûteux donne un estimateur de biais 200 dh et d’écart-type 120 dh. Comparer son EQM à celle du sondage (V = 31\,749{,}1).
Exercice 3 : solution
Précision et lecture
- f = 0{,}2 ; \sqrt{0{,}8 \times 4\,074^2/400} = 182{,}19 dh ; IC : 7\,952 \pm 357{,}1 = [\,7\,594{,}9\;;\;8\,309{,}1\,] ; CV = 182{,}19/7\,952 = 2{,}3\,\%.
- Faux : l’intervalle tiré contient \overline{Y} ou non (ici oui : 7\,911{,}44). Les 95\,\% décrivent la méthode, sur l’ensemble des échantillons possibles.
Le biais, un plancher
- EQM = 120^2 + 200^2 = 54\,400 (racine 233{,}2 dh), contre 31\,749{,}1 (racine 178{,}2 dh). Même avec un écart-type réduit à 60 dh, EQM = 43\,600 : la racine de l’EQM ne descend jamais sous le biais, 200 dh.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
Sept points
- L’estimateur de Horvitz-Thompson \widehat{Y}_{HT} = \sum_{k \in S} y_k/\pi_k compte chaque unité tirée pour son poids d_k.
- Il est sans biais pour tout plan, pourvu que \pi_k > 0 pour toute unité.
- V(\widehat{Y}_{HT}) = \sum_k\sum_l \Delta_{kl}\,\frac{y_k}{\pi_k}\frac{y_l}{\pi_l} ; à taille fixe, elle est nulle si y_k/\pi_k est constant.
- La variance s’estime sur l’échantillon si \pi_{kl} > 0 pour toutes les paires.
- EQM = V + B^2 : la variance baisse avec n, le biais ne baisse pas.
- L’intervalle \widehat{\theta} \pm 1{,}96\sqrt{\widehat{V}} couvre le paramètre dans environ 95\,\% des échantillons (0{,}9424 simulé pour n = 200).
- Le CV = \sqrt{V}/\theta mesure la précision relative.
La suite
Le chapitre 3 applique ces résultats au sondage aléatoire simple : il démontre V(\overline{y}) = (1 - f)\,S^2/n et montre comment l’estimer.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)