Apprentissage profond
Les réseaux convolutifs
- Présentation du cours
- Du modèle linéaire au neurone
- Le perceptron multicouche
- Fonctions de perte et d'activation
- La descente de gradient et ses variantes
- La rétropropagation
- Régularisation : décrochage, pénalisation, arrêt précoce
- Initialisation et normalisation
- Les réseaux convolutifs
- Les réseaux récurrents : RNN, LSTM, GRU
- L'attention et les transformeurs
- Prévision de séries financières par réseaux
- Ce que l'apprentissage profond ne résout pas
Apprentissage profond
Chapitre 7 : Les réseaux convolutifs
Le perceptron ne suffit pas
Le comptage qui tranche
Elle compte 10\,000 pixels. Une couche entièrement connectée vers 100 neurones exigerait
10\,000 \times 100 + 100 = 1\,000\,100 \text{ paramètres}
pour une seule couche, sur une image minuscule.
Trente-deux filtres de taille 3 \times 3 :
(3 \times 3 \times 1 + 1) \times 32 = 320 \text{ paramètres}
Trois mille cent vingt-cinq fois moins, pour une capacité de détection supérieure.
D’où vient l’économie
Le perceptron traite chaque pixel comme une variable indépendante. Il ignore que deux pixels voisins sont liés, et qu’un motif reste le même motif où qu’il se trouve.
La convolution inscrit ces deux faits dans l’architecture : c’est un a priori, au sens du chapitre 1 d’Apprentissage statistique. Il ajoute du biais et retranche énormément de variance — le compromis, encore.
La convolution
Trois idées
Un filtre est une petite matrice de poids que l’on fait glisser sur l’entrée. En chaque position, on calcule un produit scalaire local.
Le résultat est une carte d’activation : elle indique où le motif recherché est présent.
- Connectivité locale — chaque neurone ne voit qu’une petite région.
- Partage des poids — le même filtre s’applique partout, d’où l’économie de paramètres.
- Équivariance par translation — déplacer le motif déplace la réponse, sans la changer.
Les réglages
| Paramètre | Rôle |
|---|---|
| Taille du filtre | étendue du motif détecté — 3 \times 3 le plus souvent |
| Pas | déplacement entre deux positions |
| Remplissage | bordure ajoutée pour conserver la taille |
| Nombre de filtres | nombre de motifs différents cherchés |
Le sous-échantillonnage
Le pooling réduit la résolution en ne conservant, sur chaque petite région, que le maximum ou la moyenne.
Il réduit le calcul, et il rend la représentation invariante à de petits déplacements : peu importe la position exacte du motif dans la région.
L’équivariance de la convolution devient ainsi une invariance — ce qui est exactement ce qu’on veut pour reconnaître un objet où qu’il soit.
L’architecture typique
Un empilement qui monte en abstraction
entrée
→ [convolution → activation → pooling] × plusieurs
→ aplatissement
→ couches entièrement connectées
→ sortie
La résolution diminue, le nombre de filtres augmente : on perd en précision spatiale et on gagne en richesse sémantique.
| Profondeur | Détecte |
|---|---|
| Premières couches | contours, coins, variations locales |
| Couches intermédiaires | textures, motifs composés |
| Couches profondes | parties d’objets, objets |
C’est la hiérarchie de représentations annoncée à l’introduction, et elle est observable en visualisant les filtres appris.
Au-delà d’une vingtaine de couches, l’entraînement redevient difficile malgré ReLU et la normalisation.
Une connexion résiduelle ajoute l’entrée d’un bloc à sa sortie : y = F(x) + x. Le gradient dispose ainsi d’un chemin direct, sans facteur multiplicatif.
C’est ce qui a permis les réseaux à plus de cent couches, et c’est le quatrième remède annoncé au chapitre 4.
Au-delà de l’image
La convolution sur des séries
Le même mécanisme s’applique à une série temporelle : le filtre glisse le long du temps et détecte des motifs locaux — une configuration de variations, un décrochage.
Un filtre convolutif de taille q appliqué à une série calcule une combinaison linéaire pondérée des q dernières valeurs.
C’est, structurellement, ce que fait un processus de moyenne mobile MA(q) du chapitre 5 de Modélisation ARMA. La convolution en est une version dont les poids sont appris, et à laquelle on applique ensuite une non-linéarité.
Ce n’est pas une analogie décorative : c’est la même opération.
Sur une série, un filtre centré utiliserait des valeurs futures — inacceptable en prévision.
On emploie donc des convolutions causales, qui ne regardent que le passé. C’est la même précaution que le découpage temporel du chapitre 2 d’Apprentissage statistique, inscrite cette fois dans l’architecture.
Ce qu’il faut retenir
Le résumé du chapitre
- Une couche dense sur une image 100 \times 100 coûte 1\,000\,100 paramètres ; une convolution 3\times3 à 32 filtres en coûte 320.
- Trois idées : connectivité locale, partage des poids, équivariance par translation.
- Le pooling réduit la résolution et apporte l’invariance aux petits déplacements.
- Les connexions résiduelles donnent au gradient un chemin direct et permettent la très grande profondeur.
- En dimension une, un filtre convolutif est une moyenne mobile apprise ; elle doit être causale en prévision.
La convolution capte des motifs locaux. Pour une dépendance longue, il faut une mémoire — c’est le chapitre 8.
Ressources du chapitre
- Diapositives
- Polycopié du chapitre
- Exercices corrigés
- Application interactive
- — Vidéo
- QCM (bientôt)